Roseaux sauvages (Les)
Réalisé par André Téchiné (1994)
| Durée | 110 minutes |
| Sortie | 01/06/1994 |
| Note | 7/10 |
Au printemps 1962, François Forestier se prépare aux épreuves du bac dans le lycée d'une petite ville, près de Toulouse. Lors du mariage d'un soldat en permission de l'Algérie, auquel il est convié en tant que compagnon de Maïté, la fille de sa prof de français, il croise Serge, le frère du marié et un camarade de classe. Quand Serge l'aborde plus tard pour s'approcher de Maïté, François tombe amoureux de ce garçon un peu fruste. Alors que l'absence de réciprocité de ses sentiments le chagrine, François commence à s'intéresser également à Henri, un jeune adulte pied noir qui est arrivé au lycée pour essayer une énième fois de passer son bac.
Les critiques
Par Tootpadu 04/05/2007
Le point fort de ce film récompensé avec quatre Césars, c'est que justement l'évocation de cette époque de plus en plus lointaine, et de moins en moins liée à notre actualité, se fait avec un naturel désarmant. Le portrait du style de vie provincial est comme purgé de toute complaisance pittoresque et du coloris historique qui insiste trop souvent sur les différences entre l'époque de l'intrigue et le présent. Ce sont les événements politiques, ou plutôt leurs répercussions à une échelle pertinemment individuelle, qui campent le décor avec une aisance et une pureté narrative impressionnante. Le reste, c'est le destin de quatre jeunes gens qui font leurs premiers pas de jeune adulte dans un monde banal et inconnu à la fois.
Aucun événement au caractère excessivement dramatique ne trouble en effet l'immense dignité avec laquelle André Téchiné regarde l'évolution pas toujours douce, pas toujours plaisante, de ses personnages. Les éclats de fureur sont rares, ce qui ne signifie pas pour autant que le récit des Roseaux sauvages manque d'intensité. Le coeur qui fait battre ce film très beau, c'est une poésie filmique d'une pureté et d'une agilité sans affectation simplement brillantes. Le point d'orgue de ce poème, qui fait même oublier une légère maladresse narrative antérieure (le rêve de la mère à l'hôpital), c'est évidemment la longue séquence finale au bord de l'eau. Déjà à l'époque, Téchiné était un maître de la composition aquatique, comme l'a rappelé encore récemment le magnifique plan de l'apnée dans Les Témoins.
Revu le 4 mai 2007, au Quartier Latin, Salle 2
Par Mulder 30/09/2003