Tous les espoirs sont permis

Réalisé par David Frankel (2012)

Drame
Tous les espoirs sont permis
Durée 100 minutes
Sortie 10/10/2012
Note 6/10

Mariés depuis 31 ans, Kay et Arnold vivent leur relation de couple de la façon la plus routinière imaginable. Elle lui prépare un petit-déjeuner identique jour après jour, et lui s’endort le soir devant son émission de golf préférée, avant de se traîner dans la chambre d’amis, où il s’est installé depuis de nombreuses années. Kay aimerait tant rompre cette monotonie pesante et chaste. Après avoir acheté le livre du Dr. Feld, elle s’inscrit à une semaine de conseils conjugaux intensifs auprès de lui dans le Maine. Arnold est d’abord réticent à l’idée d’étaler ses problèmes de couple devant un inconnu. Mais il suit finalement son épouse, bien qu’il doute fortement de l’utilité de la méthode Feld.

La critique

Par Tootpadu 24/10/2012

Et si 2012 était l’année où le cinéma hollywoodien franchissait un pas décisif dans son traitement de la sexualité ? Quelques mois avant que The Sessions de Ben Lewin ne cherche à prouver que tout le monde a le droit à une vie sexuelle décomplexée et épanouie, le cinquième film du réalisateur David Frankel aborde le sujet sous l’angle d’une vie de couple exsangue au bout d’un nombre conséquent d’années passées ensemble. Alors que la peur du sexe à l’autre extrémité du spectre de l’âge, dans les comédies pubères dans le sillage de American Pie, vient d’un manque d’expérience, le problème que Kay et Arnold cherchent à résoudre repose sur leur lassitude d’un acte intime qui n’a plus la même saveur pour ces sexagénaires. Mais au lieu de voir dans leur gaucherie érotique une source d’humour immature, Tous les espoirs sont permis opte pour un ton très sobre qui rend tout son naturel à la sexualité à n’importe quel âge.
Il s’agit même du film le plus réaliste de son réalisateur. Loin du strass et des paillettes du monde de la mode dans Le Diable s’habille en Prada et des poncifs larmoyants autour du destin d’un chien dans Marley et moi – et mieux vaut passer sous silence cette abomination de The Big year, au demeurant elle aussi complètement fictive –, cette histoire d’un couple ordinaire n’a rien d’un conte de fées. Son charme vient précisément de la difficulté que les deux personnages principaux ont de rallumer la flamme d’antan, étouffée depuis des lustres sous une couche épaisse de convenances hostiles à toute forme de franchise sentimentale. Puisque les revers dépassent en nombre les rares moments d’une réussite timide, il convient de considérer ce film touchant davantage comme un drame qu’en tant que comédie insouciante sur les défis qu’une vie de couple à longue haleine représente, en dépit de quelques séquences savoureuses où la confrontation à sa propre sexualité et au corps de l’autre produit des étincelles amusantes.
Grâce à l’interprétation à la sincérité désarmante des deux têtes d’affiche, nous suivons en effet de tout cœur leurs séances d’un conseil administré plutôt subtilement. Le film entier repose sur leurs épaules de comédiens plus que chevronnés, qui trouvent néanmoins une fraîcheur et une honnêteté émotionnelle dans leurs rôles. Leur exploit serait presque capable de nous faire oublier que le scénario traite assez sommairement l’ensemble des personnages secondaires, quasiment inexistants.

Vu le 23 octobre 2012, au MK2 Nation, Salle 3, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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