Jeux d'été
Réalisé par Rolando Colla (2012)
| Durée | 106 minutes |
| Sortie | 08/02/2012 |
| Note | 5/10 |
Le jeune Nic est parti avec son petit frère et son père Vincenzo pour deux semaines de vacances en Toscane, au camping près de la mer. Sa mère ne les rejoindra que plus tard, le temps de se remettre d’une énième agression physique de la part de son mari, qui met le couple à rude épreuve. Sur la plage et après une première altercation, Nic se lie d’amitié avec un groupe d’autres enfants. Parmi eux, il y a Marie, qui, elle non plus, ne peut pas profiter de ses vacances, parce qu’elle espère rencontrer enfin son père qu’elle n’a jamais vu et qui est censé habiter dans un village tout proche du camping.
La critique
Par Tootpadu 17/01/2012
Dans Jeux d’été, chaque enfant se démarque en effet par un secret ou un côté honteux, qu’il n’ose évidemment pas avouer lors de la réunion nocturne, mais qui transparaît au fil d’un récit un peu trop rapiécé à notre goût pour accumuler une somme de sentiments refoulés suffisante pour nous toucher profondément à la fin. Les aveux rituels de ce jeu en guise de découverte de l’autre forment même un écran de fumée devant les véritables préoccupations de Nic, qui prétend ne rien sentir mais qui souffre au contraire atrocement de la décomposition avancée du couple parental, et de Marie, à qui il manque une partie essentielle pour construire son identité avant de devenir peut-être un jour une femme qui n’a réellement pas de secrets. La figure récurrente du jeu, qui n’est au fond rien d’autre qu’une partie de cache-cache empreinte d’un arrière-goût pervers, voire sadique, rythme l’histoire – et donne accessoirement son titre au film – sans que la dégradation des rapports entre les enfants ne débouche sur une tension dramatique accrue et tangible.
La lacune principale de ce film sans complaisance, mais en même temps dépourvu d’un regard engageant sur les aléas d’une enfance nullement idéalisée dans un cadre faussement idyllique, réside dans sa facture filmique au mieux correcte, au pire exsangue. A force de vouloir montrer que l’enfance n’est pour personne un paradis perdu et que les défauts de caractère des parents se répercutent directement sur leur progéniture, Rolando Colla oublierait presque les attentes que l’on pourrait avoir en tant que spectateur à l’égard d’un film au traitement thématique peu commode. Quitte à montrer les enfants comme de petits monstres, ce qu’ils sont bien sûr plus souvent dans la vraie vie que de petits anges, le réalisateur aurait probablement mieux fait d’opter pour un style cinématographique soit plus flamboyant, soit encore plus désespérant et austère. Vu la parenté formelle entre ce film-ci et sa réalisation précédente, il est cependant à craindre qu’il soit incapable de sortir des limites étroites du drame familial lugubre et sans attrait particulier.
Vu le 16 janvier 2012, à la Salle Pathé Lincoln, en VO