Nouveau départ

Réalisé par Cameron Crowe (2012)

Drame
Nouveau départ
Durée 124 minutes
Sortie 18/04/2012
Note 6/10

Six mois après la mort de sa femme, le journaliste Benjamin Mee n’arrive toujours pas à faire son deuil. Pour éviter que chaque coin de rue lui rappelle les bons souvenirs qu’il a vécus avec elle, il déménage avec ses deux enfants à la campagne. La nouvelle maison de ses rêves présente juste un inconvénient de taille : elle fait partie d’un zoo délabré et fermé depuis quelque temps, dont Benjamin devra prendre la direction s’il souhaite y habiter. Tandis que le veuf voit dans cette responsabilité l’occasion pour un nouveau départ, plein d’aventures, son fils se montre déjà moins enthousiaste à l’idée de devoir quitter la ville et ses amis.

La critique

Par Tootpadu 02/05/2012

Cameron Crowe n’est pas tout à fait le digne héritier de Frank Capra, même si ses films sont invariablement saupoudrés d’une couche sucrée d’optimisme. Il ne peut pas non plus prétendre au titre de chroniqueur de l’âme collective américaine dans tout ce qu’elle a de plus noble, comme l’avait été à son époque l’immense John Ford. Néanmoins, ses contes sur des prototypes humains du rêve américain, qui perdent pied et ne parviennent à se retrouver que grâce à un retour aux sources – le plus souvent familial et musical – dégagent le genre de sympathie à laquelle il serait cynique de résister. La simplicité dont le réalisateur fait preuve pour aborder ces histoires à fort potentiel mélodramatique n’a jamais cessé de nous subjuguer, même si la facture globale de ses films est dans la plupart des cas un peu trop sage à notre goût.
Il aura fallu six ans à Crowe pour se remettre de l’échec cuisant de son dernier film, à la fois du côté commercial et critique, qui avait pourtant remporté les faveurs de notre modeste rédaction. Son retour avec Nouveau départ n’a rien d’un triomphe, mais plutôt de la confirmation d’une qualité dans l’exécution, qui réussit à créer des univers particuliers sans avoir recours à des effets de style ou un langage formel excessif. C’est davantage l’épaisseur humaine de ses personnages qui rend ses films immédiatement reconnaissables, ainsi qu’un échange entre eux qui ne doit heureusement rien à la mesquinerie d’un Alexander Payne ou à la bizarrerie d’un Wes Anderson. La démarche du réalisateur ne consiste ni à glorifier ses protagonistes, ni à les rabaisser pour le plaisir malsain de les voir souffrir. Elle excelle plutôt dans une forme de compassion filmique, qui ne paraît jamais factice ou condescendante.
L’attention aux petites choses, comme cette course à la quincaillerie qui provoque une vive émotion là où on l’attendait le moins, parfait enfin la recette d’un drame touchant, et sur la famille, et sur le deuil. Sans jamais être larmoyant, le ton du film se distingue par la même sobriété impliquée que les interprétations fort honorables du couple vedette, Matt Damon et Scarlett Johansson. Ces derniers ont certes déjà eu des rôles plus importants à interpréter, mais c’est justement l’absence d’affectation dans leur jeu, qui rend leurs personnages si attachants.

Vu le 2 mai 2012, à l’UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 20, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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