Bullitt
Réalisé par Peter Yates (1969)
| Durée | 114 minutes |
| Sortie | 26/03/1969 |
| Note | 6/10 |
Johnny Ross, un des membres haut placés du crime organisé de Chicago, arrive à San Francisco pour y témoigner devant une commission d'enquête du sénat. Le politicien ambitieux Walter Chalmers compte sur cet événement et son participant clé pour gagner en popularité et influence. Il confie alors la protection de Ross pendant le week-end à Frank Bullitt, un officier de police recommandé à Chalmers par ses supérieurs. Ross tombe victime d'une fusillade la nuit après son arrivée et il se trouve entre la vie et la mort à l'hôpital. Tandis que Chalmers veut à tout prix obtenir son témoignage et se défausser sur Bullitt en cas de disparition, la priorité de ce dernier est la traque et l'arrestation des tueurs professionnels impliqués.
La critique
Par Tootpadu 07/07/2006
D'un ton sobre et presque détendu, Bullitt est pour nous avant tout un récit intéressant sur le travail de la police. Il n'adopte point la démarche des thrillers d'investigation typiques de son époque, qui érigeaient en vedette les différentes astuces techniques des forces de l'ordre. En effet, il est étonnant à quel point l'absence de moyens de communication sophistiqués dénote et place le film dans une époque qui paraît oh si lointaine. Mais le film ne s'avance pas non plus trop dans le sens inverse : le spectacle héroïque qui dresse le policier solitaire comme exemple à suivre. Ce lieutenant Frank Bullitt, joué avec le recul propre à Steve McQueen, est en quelque sorte un ancêtre direct, moins tendancieux et violent, de Harry Callahan et dans une perspective plus large de tous ces flics dévoués et désabusés, jusqu'au Vincent Hanna dans Heat. En plus, comment ne pas rapprocher les finales des films de Michael Mann et de Peter Yates, qui associent magistralement la désolation d'une piste d'aéroport au désarroi d'un criminel traqué ?
Mais plus encore que ce rôle de précurseur indéniable, que le film assume sans la moindre prétention, ce sont les petites nuances qui assurent sans une insistance poussive la solidité de l'oeuvre. Comme ce dernier plan qui nous montre simplement l'arme de Bullitt posée sur une table, le symbole d'un travail dangereux et brutal, voire celui d'une société tout entière séparée en deux camps, celui des riches et celui de la pègre entre lesquels la police s'active tel un messager incommode.
Revu le 6 juillet 2006, au Balzac, Salle 2, en VO