Cleaner

Réalisé par Renny Harlin (2008)

Policier
Cleaner
Durée 89 minutes
Sortie 14/05/2008
Note 6/10

Tom Cutler travaille comme nettoyeur de scènes de crime. Il a choisi ce métier lugubre, mais honnête, pour ne plus vivre le quotidien autrement plus usant de fonctionnaire de police. Un jour, il enlève les traces encore fraîches d'un meurtre dans une maison luxueuse. C'est là qu'habitait le mari d'Ann Norcut, signalé comme disparu depuis quelques jours. Mais quelque chose cloche dans ce travail apparemment normal, puisque Cutler se rend compte que ce crime n'a jamais été signalé à la police. Avec l'aide d'Ann Norcut et son ami et ancien co-équipier Eddie Lorenzo, Cutler cherche désespérément à savoir qui l'a impliqué dans cet assassinat camouflé d'un homme, qui allait faire des révélations compromettantes sur la corruption au sein des services de police.

La critique

Par Tootpadu 15/04/2008

Renny Harlin n'est certainement pas un grand réalisateur. Il suffit de voir les deux dernières bouses qu'il nous a pondues (L'Exorciste : au commencement et Le Pacte du sang) pour s'en rendre compte. Et pourtant, rarement, son style clinquant et superficiel, qui trahit ses origines publicitaires, s'accommode plutôt bien des films de genre, qu'il enchaîne depuis bientôt vingt ans. C'est le cas de cette production indépendante, boudée par le marché américain, sur lequel elle sortira directement en vidéo.
La mise en scène d'un tâcheron potentiel comme Renny Harlin repose plus que celle de cinéastes plus inspirés et visuellement ingénieux sur la qualité du scénario. C'est lorsqu'il se désintéresse des impératifs de l'intrigue, que le réalisateur tombe dans les pires travers formels, comme dans ce cauchemar de Driven ou son dernier film précité. Dans le cas contraire, sa narration nerveuse sait fournir un encadrement plutôt énergique aux recettes éprouvées, mais pas sans mérite, qui alimentent certains de ses films. Tel est le cas présent, un policier solide jusqu'à un certain point, qui néglige à peine l'aspect humain d'une enquête de plus en plus complexe.
A travers des motifs récurrents, comme le tableau de clefs et le verrouillage de la porte, qui ne gagnent tout leur sens qu'au fil du récit, Harlin tisse une toile de suspicions farfelues et de revirements hélas un peu plats. Il est en effet regrettable que le château de cartes, que le scénario a construit avec une telle minutie, s'écroule aussi mollement au cours de la dernière partie. Mais jusque là, l'intrigue de Cleaner est plutôt astucieusement menée, sans temps morts, ni trop d'artifices visuels gratuits.
La direction d'acteurs n'a jamais été le point fort de Renny Harlin et il ne réussit pas non plus des prouesses en la matière ici. L'apparition éclair de Robert Forster et quelques moments plus intimes entre Samuel L. Jackson et Eva Mendes ou Keke Palmer confèrent néanmoins un peu de sincérité émotionnelle à cette histoire classique. En parlant de classique : Cleaner n'en sera certainement pas un, du genre policier. Mais pouvoir assister au recyclage, loin d'être honteux, d'un réalisateur pour lequel on avait perdu tout espoir, est déjà une surprise inattendue et agréable.

Vu le 15 avril 2008, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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