Sherlock Holmes Jeu d'ombres
Réalisé par Guy Ritchie (2012)
| Durée | 129 minutes |
| Sortie | 25/01/2012 |
| Note | 6/10 |
En 1891, l’Europe est au bord d’une nouvelle guerre. Ce climat d’insécurité est né d’une série d’attentats en France et en Allemagne, qui a rendu les rapports entre les deux puissances hautement hostiles. Alors que son fidèle acolyte le docteur Watson est sur le point de se marier, le célèbre détective Sherlock Holmes mène seul l’enquête sur la véritable nature de ces explosions et assassinats d’hommes importants. Il soupçonne le professeur James Moriarty d’en être à l’origine, mais il lui faudra l’assistance de Watson et de la voyante Madame Simza pour résoudre ce nouveau cas aux enjeux internationaux.
La critique
Par Tootpadu 17/01/2012
Ce n’est pas uniquement parce que le héros, plus narcissique que jamais, passe à plusieurs reprises à deux doigts de la mort que ce film s’emploie simultanément au jeu habile de l’établissement d’un cycle et de sa décomposition annoncée. Pendant que cette suite plus que solide s’évertue à respecter les règles de la série qui pourra encore durer longtemps, de nombreux éléments de l’intrigue contredisent justement la nature passagère de ce récit de transition pour sonner précocement le glas de la saga Sherlock Holmes. Il serait évidemment dommage d’enterrer avant l’heure un héros qui réunit avec autant de classe la partie littéraire de la création de Sir Arthur Conan Doyle et des capacités physiques presque encore plus prodigieuses que son raisonnement sans faille et ses pouvoirs d’anticipation, illustrés ici sous forme de petites séquences prémonitoires qui sont en toute logique démenties par ce qui suit réellement. La malice de la narration soutient ainsi efficacement un rythme qui s’approcherait plus du découpage de la bande dessinée que de celui du roman classique, ce qui est un indice supplémentaire du métissage formel de ce film ébouriffant.
La surenchère formelle, dont Guy Ritchie avait été reconnu coupable dans le passé sans qu’elle ait été nécessairement justifiée par les besoins de l’histoire, épouse ici parfaitement les courbes d’une intrigue survoltée, mais jamais en roue libre. Même l’emploi soutenu du ralenti, qui nous horripile d’habitude, s’avère convaincant au moment de la fuite à travers la forêt. Enfin, et la bande originale vigoureuse de Hans Zimmer, et l’antagonisme enjoué et pas dépourvu de sous-entendus gays entre Robert Downey Jr. et Jude Law, garantissent un divertissement de haut vol comme on voudrait en voir plus souvent.
Vu le 16 janvier 2012, à la Salle Warner, en VO