Departures
Réalisé par Takita Yojiro (2009)
| Durée | 129 minutes |
| Sortie | 03/06/2009 |
| Note | 6/10 |
Kobayashi Daigo doit faire une croix sur ses ambitions de violoncelliste, lorsque l'orchestre qu'il vient d'intégrer est dissous. Incapable de payer le crédit pour son instrument, il le vend et s'installe avec sa femme Mika en province, dans la maison que sa mère décédée deux ans plus tôt lui a laissée dans sa ville natale. Sa recherche d'un emploi l'ammène, à son insu, dans une entreprise de pompes funèbres. D'abord réticent, Daigo se laisse convaincre par le salaire conséquent et par la conscience artisanale avec laquelle son patron Sasaki Shouei exerce ce métier. Bientôt, Daigo devient un maître de la mise en bière. Mais il n'ose toujours pas avouer à Mika quel genre de travail il fait exactement.
La critique
Par Tootpadu 21/04/2009
Il n'y a pas de doute, ce film dépasse largement la petite comédie française gentillette de l'année passée, Bouquet final de Michel Delgado, sur un thème similaire. Le ton du film balance en effet avec une assurance redoutable entre des moments comiques et le respect profond qu'inspirent les rites mortuaires japonais. La morbidité n'y est pas plus à l'ordre du jour que la raillerie d'un métier socialement mal vu. Le scénario se sert plutôt d'une forte charge sentimentale pour arriver à ses fins, c'est-à-dire de présenter l'histoire touchante d'un homme, qui trouve sa vocation dans un endroit faussement insolite.
On passe ainsi du rire aux larmes, sans que le trait ne soit forcé outre mesure. Les envolées musicales et le recours un peu trop systématique aux symboles lourds de sens (les cailloux) ne font ainsi guère déborder le vase, en termes de surcharge émotionnelle et formelle. Le divertissement classique prime et dresse par la même occasion un tableau rose clair d'une philosophie optimiste, voire idéaliste. La fonction principale du cinéma, celle de l'évasion, est ainsi respectée à la lettre et permettra sans doute à ce beau film, un brin convenu, de toucher un plus grand public que le cinéma typiquement asiatique.
Vu le 20 avril 2009, au Metro, en VO