Choke

Réalisé par Clark Gregg (2009)

Comédie Dramatique
Choke
Durée 92 minutes
Sortie 21/01/2009
Note 6/10

Victor Mancini est un obsédé sexuel invétéré. Il ne vit que pour des rapports passagers avec des inconnues, que ce soit en marge des réunions d'un groupe de soutien aux accrocs du cul ou avec les infirmières de l'hôpital psychiatrique où sa mère excentrique est internée pour démence. Puisque le travail de Victor comme figurant dans un village historique ne suffit pas pour payer les soins de sa mère, il a monté une petite escroquerie qui est censé lui apporter de l'argent supplémentaire à travers des bienfaiteurs involontaires.

Les critiques

Par Mulder 16/12/2008

Voici un film indépendant à petit budget, mais marquant une réussite mineure dans la catégorie comédie dont les scènes cocasses proviennent, la plupart du temps, de l'obsession sexuelle du personnage principal et de sa volonté de changer de partenaire le plus souvent possible. Le film est tiré d'un livre de l'auteur du cultissime Fight club. Nous retrouvons ainsi le ton provocateur de l'auteur.

Surtout, ce film repose sur un acteur investi totalement dans son rôle soit Sam Rockwell, ici épaulé par Anjelica Huston, qui interprète sa mère. Le personnage principal, ancien étudiant en médecine et surtout accro au sexe, est figurant dans un musée vivant reproduisant le mode de vie du 18ème siècle. Hanté constamment par ses fantasmes et dépendant du sexe, il arpente les réunions - les mêmes que l'on voyait déjà dans Fight club -, autant pour avoir des relations sexuelles avec une autre patiente que pour se guérir, chose qu'il ne réussira pas. Ce film porte donc un regard satirique sur les conditions de travail dans un parc d'attraction, qui reconstruit le mode de vie et l'insatisfaction du désir de l'Amérique puritaine. Ce film s'attache donc à bousculer les sujets les plus tabous (scène érotique par exemple dans la grange entre le héros et sa collègue, qui sera suivie par une joute verbale entre le personnage principal et son responsable, amoureux de celle-ci).

La force de ce film vient du fait qu'étant indépendant, il sent une liberté totale d'expression, chose rare à l'heure actuelle. Le jeu convaincant des acteurs principaux ainsi que certaines scènes excellentes d'humour noir nous font donc passer un excellent moment de cinéma et nous donnent envie de nous replonger dans l'œuvre de Chuck Palahniuk. Cet auteur le souligne très bien : il apprécie fortement le film de Clark Gregg, car Choke a pu refléter de façon parfaite l'idée soutenue dans les pages du livre dont il s'inspire.

Vu le 10 décembre 2008, au Club de l’Etoile, en VO

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

Par Tootpadu 15/12/2008

Le personnage principal de cette adaptation assez indécise du roman de Chuck Palahniuk aimerait tant passer pour un méchant et un raté sans profondeur, qui ne s'engage dans des rapports sexuels anonymes que pour atteindre un stade de jouissance et d'oubli permanent. Alors que certains revirements de l'intrigue le prédisposeraient davantage à un destin de saint, Victor Mancini est avant tout une incarnation pas tellement passionnante de la médiocrité. Il a beau s'engager dans des entreprises minables, son don de dérision lui permet de voir malgré tout le côté comique de chaque nouvelle défaite.
L'univers créé par Clark Gregg à partir de l'oeuvre de Palahniuk est gouverné par de faux semblants, des artifices qui en disent long sur notre culture de tromperies et de mensonges. La superchérie prend encore une allure passablement amusante, dans le cadre de la reconstitution historique pour attirer les touristes et les classes scolaires. Mais le détournement de la béquille sociale du groupe d'entraide pour s'adonner justement au mal que celui-ci est censé combattre et les révélations de plus en plus traumatisantes depuis l'enceinte de l'hôpital psychiatrique finissent par rendre le nihilisme du récit un peu trop acerbe et déglingué pour nous convaincre. Certes, à chaque déception précède une mauvaise perception des choses. Mais la façon dont le protagoniste déboussolé de Choke se fait berner par la nature et l'imprévisibilité même de la vie, alors qu'il croit être le maître du jeu, nous inspire plus de l'indifférence qu'une participation active à ses déboires successifs.
Enfin, le rapport à la sexualité colporté par ce film n'a rien de festif, ni de malsain. Le besoin constant de baiser relève ici plutôt de la maladie, tel le syndrome d'un mécontentement et d'un détachement généralisés, qui plombent le récit au lieu de le rendre plus mordant. Car la mise en scène un peu molle de Clark Gregg et le jeu pas suffisamment impliqué des acteurs ne permettent pas de rendre mémorable ce constat social plus consternant que revigorant.

Vu le 15 décembre 2008, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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