Age de raison (L')
Réalisé par Yann Samuell (2010)
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 28/07/2010 |
| Note | 5/10 |
Margaret, une femme d'affaires brillante et inébranlable, a tout oublié de son enfance malheureuse. Elle préfère s'inspirer de femmes célèbres pour gérer son quotidien exigeant. Le jour de son anniversaire, le notaire de sa ville natale lui apporte une première lettre, qu'elle s'était écrite elle-même, quand elle avait sept ans. Margaret résiste d'abord à sa propre invitation de se souvenir. Mais petit à petit, les bons et les mauvais moments du passé refont surface et elle se demande si la femme de carrière qu'elle est aujourd'hui correspond à ses rêves d'alors.
La critique
Par Tootpadu 05/08/2010
Le vague souvenir que nous avons gardé du premier film de Yann Samuell, Jeux d'enfants, nous laisse supposer que ce n'est pas le genre de réalisateur qui serait intimidé par de telles réserves de crédibilité. Non, puisque la prémisse du film veut que Margaret ne soit guère préparée à la mise en question venue du passé, toutes les autres considérations doivent passer à l'arrière-plan par rapport à cet impératif narratif. L'intransigeance avec laquelle Yann Samuell poursuit cet objectif, que de mauvaises langues qualifieraient sans doute d'aveuglement, se traduit sur le plan formel par la même surenchère déjà notée dans son premier film, le plus pénible ici lorsque la caméra virevolte sans raison autour de Margaret et de Philibert dans la cour ou que le passé des personnages s'introduit par intervalles réguliers dans le récit à travers de faux films de famille dégoulinants de bons sentiments factices.
Heureusement qu'il y a Sophie Marceau pour relever sensiblement le constat final ! L'actrice est si rayonnante dans ce film autrement plutôt bancal, que sa seule présence fait oublier l'absurdité de l'histoire. Parfaitement à l'aise dans le rôle d'une femme à qui tout réussit et qui a pourtant perdu de vue l'essentiel - c'est-à-dire, selon la logique simpliste du scénario, de venir en aide aux pauvres Africains au lieu de construire des centrales nucléaires sur des terrains peu adaptés, tout en rongeant la marge pour rester compétitif -, Sophie Marceau n'a pourtant pas peur de jouer avec l'image de la femme idéale qui lui colle à la peau, par exemple à travers la réplique du wonderbra. Son charme indéniable et la sincérité de son interprétation sont ainsi les seuls à empêcher le film de sombrer dans un sentimentalisme grotesque.
Vu le 5 août 2010, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 15