Metropolis
Réalisé par Fritz Lang (1927)
| Avec | Alfred Abel, Brigitte Helm, Gustav Fröhlich, Rudolf Klein-Rogge |
| Durée | 153 minutes |
| Sortie | 06/02/1927 |
| Note | 8/10 |
Dans la ville futuriste de Métropolis, deux mondes vivent hermétiquement séparés, l'un de l'autre. A la surface, les riches qui offrent des plaisirs initerrompus à leurs fils dans des jardins éternels. Et enfouis sous la terre, les ouvriers, une masse d'hommes qui nourrit de sa sueur et parfois de sa vie les machines qui fournissent l'aisance au monde d'en haut. Mais une révolte est en train de se préparer dans les catacombes, menée par la jeune et pure Maria qui attend un médiateur pour enfin joindre les efforts du cerveau et de la main. Freder, le fils du puissant Fredersen semble être ce conciliateur, mais sa démarche pacifiste est compromise par le scientifique Rotwang, un ami de son père. En effet, sa dernière invention n'est autre qu'une femme-machine qui prendra l'apparence de Maria pour pervertir le mouvement des ouvriers.
La critique
Par Tootpadu 20/05/2004
En effet, ce qui nous a particulièrement frappé lors de cette vision d'un film qui, après de multiples repassages, nous semblait déjà abondamment connu et d'un style trop classique, c'est la capacité de Lang de créer une sorte de réservoir confédérateur de toutes les influences et préoccupations sociales de son époque. Toujours d'actualité de nos jours, l'anti-sémitisme, le communisme, les rapports entre l'homme et la machine, tous ces thèmes contribuent à une richesse du texte filmique presque sans égal. On en vient pratiquement à envier le cinéaste d'avoir pu symboliser la force et la précision des machines à la manière d'un Eisenstein, alors qu'il faut se contenter dans notre ère numérique de suites de chiffres désincarnés pour signifier le progrès technique.
Le ton d'une époque trouve son écho dans un style visuel époustouflant, qui s'arrête à peine pour quelques séquences de conversation plus conventionnelles et qui s'essouffle malheureusement un peu vers la fin, avec sa conclusion optimiste. Terminer un discours d'une noirceur marquée par une fin quasiment heureuse, c'est en effet faire preuve d'une compromission sur laquelle on ne peut qu'émettre des suppositions. La scénariste Thea von Harbou aurait-elle insisté pour ce dénouement pas trop loin de ses préférences personnelles de droite ? Ou bien les producteurs n'ont-ils pas voulu investir une somme inouïe pour l'époque dans un conte pessimiste de l'injustice sociale ? Quoiqu'il en soit, cette fin fait toujours un peu tache dans un film dont tout le reste a de quoi passionner inconditionnellement !
Revu le 10 mai 2004, au MK2 Bibliothèque, Salle 6