Time out

Réalisé par Andrew Niccol (2011)

Science-fiction
Time out
Durée 109 minutes
Sortie 23/11/2011
Note 5/10

Dans un futur proche, tout se monnaie en temps. A partir de l’âge de vingt-cinq ans, plus personne ne vieillit grâce à une manipulation génétique. Tandis que les riches peuvent amasser des siècles de vie, les pauvres sont condamnés à vivre dans des ghettos, où il disposent dans le meilleur des cas que d’une journée de vie en avance. L’ouvrier Will Salas se trouve dans cette situation précaire, quand il sauve dans un bar la vie d’un homme riche et fatigué de vivre. Ce dernier lui fait cadeau du siècle inscrit sur le compteur de son bras gauche avant de se suicider. Dès lors, Will dispose du temps nécessaire pour mettre en branle le système.

La critique

Par Tootpadu 07/12/2011

On peut toujours compter sur Andrew Niccol pour imaginer des univers futuristes, dans lesquels les dérives qui existent à l’état embryonnaire dans notre société actuelle sont exacerbées sans ménagement. Dans le cas présent, la course hystérique au gain de temps, le culte de l’apparence juvénile, et la crainte constante d’une inflation exorbitante qui suffit à elle seule à apprivoiser les foules sont autant de sujets qui résonnent auprès d’un public exaspéré par la perte du temps en toute circonstance, les signes apparents du vieillissement, et surtout de nos jours la menace réelle de la dévaluation de notre monnaie commune. En tant que créateur de canevas prometteurs, le réalisateur fait comme à son habitude des prodiges ici, puisque le fonctionnement du monde de Time out devient assez vite compréhensible.
Et puis, Andrew Niccol est une fois de plus frappé par une forme aiguë de la maladie de Spielberg, c’est-à-dire l’incapacité de terminer convenablement son film. Sauf que cette tendance à tourner en rond et à ne plus avoir rien de pertinent à ajouter se manifeste assez tôt, plus précisément quand le récit choisit à une bifurcation cruciale de s’engager dans un conte improbable et ennuyeux de Robin des Bois des temps modernes, au lieu de chercher sérieusement à démonter les rouages d’une civilisation injuste. La première appréhension d’un tel aplatissement des enjeux s’était déjà fait sentir lors de la courte épisode mélodramatique de la dernière rencontre avec la mère. Mais le départ vigoureux de la part du protagoniste vers de nouveaux horizons pour redresser les torts que les hommes et les femmes de sa classe défavorisée subissent un jour à la fois avait su dissiper au moins temporairement nos inquiétudes.
La suite n’est hélas qu’un amas peu organique de scènes de course poursuite, qui rythment tant soit peu un fil narratif aux trous de plus en plus béants. Curieusement, c’est l’apparition du personnage féminin dans la vie de Will Salas qui dérègle tout, comme si le scénario s’employait sournoisement à promouvoir une forme bizarre d’autocratie masculine. Plutôt que de revigorer la quête de l’intrus prolétaire dans le monde feutré des riches et de lui donner un sens révolutionnaire, la fille à papa est à deux doigts de devenir un boulet agaçant dans la deuxième partie du film, clairement moins intrigante que la première.
Beaucoup de promesses donc, mais guère de révélations dans ce film, qui est malheureusement plus à l’image des interprétations fades du couple vedette qu’à celle de la contribution de techniciens ailleurs plus inspirés comme le chef-opérateur Roger Deakins, le monteur Zach Staenberg, et la costumière Colleen Atwood.

Vu le 6 décembre 2011, au Max Linder, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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