Huit salopards (Les)

Réalisé par Quentin Tarantino (2016)

Western
Huit salopards (Les)
Durée 168 minutes
Sortie 06/01/2016
Note 7/10

Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. 

La critique

Par Mulder 10/01/2016

Il s’est écoulé plus de vingt-trois ans entre Reservoir dogs (1992) et Les huit Salopards (2016) soit huit films (Pulp fiction (1994), Jackie Brown (1997), Kill Bill volume 1&2 (2003-2004), Inglorious Bastards (2009) et Django Unchained (2012)). , trois segments de films (Groom service (1995), Sin city (2005) et Boulevard de la mort (2007)). Le réalisateur a ainsi pu créer son propre univers avec des personnages multiples parfaitement campés et plutôt bavards mais aussi avec une violence omniprésente. Passionné de cinéma, cinéphile et cinéphage ultime, son dernier film les Huit salopards est un cocktail mélangeant une nouvelle fois différents genres de films avec un parfait dosage (western, home invasion, film d’horreur). Toujours aussi obnubilé par la forme que le fond le réalisateur et scénariste profite de ce film pour revenir au format Ultra panavision 70mm. Une nouvelle fois les nombreux clins d’œil qui jalonnent le film renvoient aussi bien aux classiques de John Ford mais également de Sergio Leone et un hommage particulier à The Thing (1982) de John Carpenter.

Découpé en cinq chapitres Last Stage to Red Rock (Dernière escale à Red Rock), Son of a Gun (Fils de flingue), Minnie's (Chez Minnie), The Four Passengers (Les Quatre passagers), Black Night, White Hell (Nuit blanche, enfer noir), le scénario du film Les huit salopards permet de présenter huit personnages notamment des chasseurs de prime, des hors la loi. La plupart du film se passant en huit clos comme le fut Reservoir dogs, la mise en scène évite pourtant d’être trop statique. Le fait que le réalisateur a longtemps hésite entre adapter son scénario en un pièce de théâtre ou un film se ressent certes par moment et fait que les joutes oratoires plutôt longues ont cette fois tendance à alourdir le récit et semble montrer que le réalisateur arrive à ses propres limites de narration.

Derrière l’histoire servant de fil conducteur à ces cinq chapitres, le réalisateur revisite l’histoire américaine à sa manière . Une histoire qu’il voit teintée de sang en permanence. Loin de l’ampleur de certains de ces précédents films, celui-ci repose plutôt sur une étude de ses personnages qu’à leurs actions et à montrer des scènes spectaculaires à outrance. Particulièrement violent dans les derniers actes, le réalisateur témoigne une nouvelle fois un véritable attachement avec le cinéma de genre. Quentin Tarantino avec son dernier film reste fidèle à ce que l’on peut attendre de lui : des dialogues parfaitement huilés, de la violence qui explose lors de certaines scènes (très belle explosion de tête !).

Une nouvelle fois le réalisateur a su s’entourer de comédiens aguerris mais surtout permettre le grand retour d’Ennio Morricone pour signer la musique d’une œuvre complète. Une nouvelle fois, il retrouve dans des rôles importants Samuel L. Jackson, Michael Madsen, Tim Roth, Bruce Dern et Kurt Russell et intègre dans son casting également Demian Bichir, Jennifer Jason Leigh, Channing Tatum et Lee Horsley. Un tel casting nous rappelle que le réalisateur a réellement su se construire des relations durables avec ces comédiens et surtout se créer une seconde famille. Dire que nous attendons avec impatience son prochain film est peu dire mais on aimerait nettement que celui-ci soit moins bavard et présente plus de scènes d’action spectaculaires comme cela le fut dans son meilleur film à ce jour Django Unchained..

Vu le 8 janvier 2016 au Gaumont Disney Village, Salle 02, en VF

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

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