Aventures du capitaine Wyatt (Les)

Réalisé par Raoul Walsh (1952)

Western
Aventures du capitaine Wyatt (Les)
Durée 100 minutes
Sortie 13/06/1952
Note 6/10

En 1840, le jeune lieutenant de la marine Richard Tufts est envoyé en Floride pour assister le capitaine Quincy Wyatt lors d’une mission contre la tribu indienne des Séminoles. Grâce au bateau acheminé par Tufts, Wyatt et quarante de ses hommes devront mener l’assaut contre une forteresse de contrebandiers, qui fournissent les Indiens rebelles en armes. Alors que l’attaque surprise réussit sans accroc majeur, les soldats et les quelques otages libérés suite au combat sont empêchés de rejoindre leur embarcation par les indiens du chef Oscala. Il ne leur reste alors qu’une seule issue : à travers les marais impitoyables des Everglades.

La critique

Par Tootpadu 04/07/2011

Pour une fois la traduction française du titre original de ces « tambours lointains » ne trahit pas la vocation première de ce western solide de Raoul Walsh. Il y est avant tout question d’aventures romanesques et un peu datées, comme celles qui nous faisaient rêver de mondes exotiques et de héros sans peur dans notre enfance, préservée de justesse de la fin de l’imagination, causée par les moyens illimités du numérique. L’intrigue des Aventures du capitaine Wyatt est en effet un cas d’école en termes d’orchestration d’une expédition périlleuse en trois actes, aussi prévisible qu’en fin de compte rassurante.
Entre l’opération commando initiale, le long périple à travers l’environnement hostile des marais, et l’affrontement final, la marge de manœuvre pour apporter au récit une quelconque touche d’originalité est assez réduite. Au lieu de chercher un sens social ou moral à l’action et aux motivations des personnages, en dehors du message tendancieux que pas tous les Indiens sont des sauvages et celui imbu d’un pacifisme naïf que la vengeance n’apporte aucune sérénité, la mise en scène routinière de Raoul Walsh s’applique davantage à relayer sans fioriture inutile les exploits de son héros, un Gary Cooper aussi impassible mais clairement moins contestataire envers l’ordre établi que dans Le Train sifflera trois fois de Fred Zinnemann, sorti à la même époque.
Pour le meilleur et pour le pire, ce film se conforme à la recette des westerns à l’aspect aventurier que les studios hollywoodiens produisaient à la chaîne au début des années 1950. Les impératifs du genre y sont respectés à la lettre et enrichis d’un décor des plus dépaysants. Sous réserve d’un tel contexte, quand la suprématie de l’homme blanc ne faisait pas encore débat, pas plus d’ailleurs que celle du héros classique, certes meurtri par l’assassinat de sa femme et le père d’un enfant métisse, mais entièrement conscient de son devoir de militaire et de meneur d’un groupe d’hommes qui lui confient presque volontairement leur vie, cette histoire fort conventionnelle constitue un divertissement tout à fait convenable.

Vu le 29 juin 2011, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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