Une vie meilleure
Réalisé par Cédric Kahn (2012)
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 04/01/2012 |
| Note | 6/10 |
Las de stagner dans son travail de cuisinier dans une cantine et d’être recalé aux entretiens d’embauche faute d’expérience, Yann Laurent décide de se mettre à son compte, avec l’aide de sa copine, la serveuse Nadia. Ensemble, ils achètent un restaurant abandonné au bord d’un lac, qu’ils rêvent de transformer en une mine d’or gastronomique. Puisqu’ils n’ont pas assez d’apport pour pouvoir prétendre au crédit de la banque, ils se procurent de l’argent frais par le biais de crédits à la consommation. Lorsque la supercherie est découverte et que le restaurant ne peut pas ouvrir en l’absence d’une autorisation officielle, Yann et Nadia ne savent plus quoi faire face à la montagne de dettes qu’ils ont déjà contractées.
La critique
Par Tootpadu 01/02/2012
Même si la vie n'est pas non plus si rose aux Etats-Unis, comme nous l'avait montré le précurseur hollywoodien d'Une vie meilleure, A la recherche du bonheur de Gabriele Muccino, les chances de finir chez nous comme une Louise Wimmer et de glisser à travers les maillons d'un système d'aide sociale plutôt bien développé sont malgré tout plus élevées que chez l'Oncle Sam, qui est devenu maître dans la science de l'exclusion à tous les niveaux, à force de priver ses sujets les plus pauvres d'une tribune médiatique pour laisser une trace de leur malheur. Que le huitième film de Cédric Kahn ose s'échapper pendant sa dernière partie, par ailleurs la moins réussie, au Canada, l'Amérique des utopistes francophones, est hélas révélateur dans ce contexte de la situation tristounette dans notre pays, où seuls les électeurs les plus crédules adhèrent encore au mensonge de politicien selon lequel il suffit de travailler plus pour gagner plus.
Avant d'entamer cet exode presque caricatural, le récit arrive cependant à nous toucher sans avoir recours à la manipulation du chantage sentimental. La dégringolade sociale du protagoniste, qui se trouve rapidement dépassé par la complexité financière de son projet, y est retranscrite avec une sobriété qui va droit au cœur. La répartition en chapitres informels de cette saga, après tout très banale, d'un échec individuel sert de régulateur redoutable contre les deux extrêmes d'un misérabilisme ou d'un optimisme mal placé. Il en résulte un conte social aussi poignant que Louise Wimmer, sorti la même semaine, à la différence importante près que la galère dans le film de Cyril Mennegun est irrévocable, tandis que Yann et Nadia peuvent encore se bercer dans la chimère d'un nouveau départ.
Vu le 31 janvier 2012, au Publicis Cinémas, Salle 1