Let my people go !
Réalisé par Mikael Buch (2011)
| Durée | 87 minutes |
| Sortie | 28/12/2011 |
| Note | 5/10 |
Le facteur Ruben file le parfait amour avec son copain Teemu en Finlande. Les choses se gâtent par contre, quand Ruben obtient une forte somme d’argent suite à la distribution d’un recommandé qui a tourné au vinaigre. Puisque son amoureux le traite de voleur, voire d’assassin, Ruben se voit obligé de rentrer chez lui en France. Un retour pas vraiment joyeux, puisque tout un chacun y va de sa petite confidence à ce fils indigne d’une famille on ne peut plus juive, alors que Ruben ne rêve que d’y voir plus clair dans un avenir qu’il devra désormais affronter sans l’homme de sa vie.
La critique
Par Tootpadu 25/12/2011
D’emblée, le ton est à l’exagération et à la surenchère, avec ce décor kitsch qui ferait passer l’univers rétro de Potiche de François Ozon pour le cadre d’un documentaire ultra-réaliste et un débit hystérique de la langue finnoise auquel les marmonnements dépressifs des films d’Aki Kaurismäki ne nous avaient point habitués. La tension retombe un tout petit peu quand le protagoniste emprunte malgré lui le chemin du fils prodigue, pour reprendre de plus belle dès qu’il devient la cible des avances d’un vieil avocat lubrique et que l’intrigue tourne nerveusement en rond. En effet, le principal moteur de l’histoire anémique est une sorte de dérivé comique de situations qui n’ont a priori rien de risible, comme un cours d’aérobic de vieilles harpies juives, une bagarre entre beaux-frères colériques suivie d’une nuit en prison aux effusions émotionnels improbables, et plus globalement une ronde désordonnée de personnages prétendument hauts en couleurs, qui s’apparentent plutôt à des stéréotypes aux traits exacerbés.
Dans ce tohu-bohu névrosé, dont le progrès en termes de banalisation des relations homosexuelles est vite relativisé par un personnage principal qui regroupe à lui seul tous les préjugés que l’on ne devrait plus cultiver à l’égard des pédés – puisque c’est un faible efféminé qui fait tout de travers –, les moments réellement touchants se font rares. Il n’empêche qu’à l’écart de la distribution de cabotins au grand complet, de Jean-François Stévenin à Jean-Christophe Bouvet, en passant par Jean-Luc Bideau et Didier Flamand, sans oublier Carmen Maura, quelqu’un d’aussi discret qu’Aurore Clément sait malgré tout apporter un peu de calme et de sincérité à cette agitation ennuyeusement plate. De même, cela fait plaisir de voir pour une fois une romance gaie se terminer sur une note positive, surtout parce qu’elle a su perdurer dans un contexte filmique aussi maniéré et en fin de compte peu concluant.
Vu le 19 décembre 2011, à la Salle Pathé Lincoln, en VO