Train amour et crustacés
Réalisé par Richard Quine (1959)
Comédie ferroviaire
| Durée | 94 minutes |
| Sortie | 01/10/1959 |
| Note | 6/10 |
La veuve Jane Osgood démarre un élevage de homards dans la petite ville tranquille de Cape Anne. Lorsqu'une cargaison revient avariée parce que la compagnie de chemins de fer ne l'a pas livrée à temps, Jane intente un procès à Harry Foster Malone, le président de l'entreprise. Ce n'est que le premier pas d'une longue bataille juridique, amplement médiatisée, qui mettra à genoux un goliath économique par la simple persévérance d'une femme entreprenante et de son avocat.
La critique
Par Tootpadu 28/04/2008
Cette comédie enlevée est l'exemple parfait du genre dans lequel l'actrice et chanteuse Doris Day a célébré un succès après l'autre dans les années 1950 et '60. Elle y joue une fois de plus une femme énergique et proprette qui livre une bataille illusoire contre le monde méchant des hommes puissants. Les antagonismes y sont soulignés à volonté, pour mieux illustrer le bien fondé de la croisade de Jane et l'égoïsme déraisonnable de Malone. Ce n'est pas dans cet affrontement presque caricatural que l'on trouvera de l'ambiguïté, mais plutôt du côté sentimental. Si Jane est pratiquement obligée de mener jusqu'au bout son combat pour le respect des droits de l'homme et de la femme ordinaires, elle dispose au moins d'un choix relatif lorsqu'il s'agit de désigner l'homme de son coeur. Certes, aucun des deux hommes n'est particulièrement empressé (Denham, l'avocat) ou convaincant (Larry, le journaliste) dans ses démarches sentimentales, mais on y évite encore les sous-entendus homosexuels des collaborations entre Day & Rock Hudson, qui ont fait jaser depuis sur un mode documentaire (Rock Hudson's Home Movies) et parodique (Bye, bye love).
Train, amour et crustacés est un film qui a vieilli plutôt honorablement. L'intrigue est sans doute simpliste et la mise en scène intéressée en priorité à garder la pression sur le rythme de la narration. Mais en tant que cliché d'un état d'esprit à une époque donnée, ou davantage comme l'idylle sur un rêve américain qui n'avait déjà plus cours à la fin des années 1950, cette oeuvre divertissante de Richard Quine tient la route. Le condensé même du film se situe alors au moment de la réunion communale, où les rapports de force sont autant élaborés que les idéaux des uns (le discours patriotique et naïf de Denham) et les remords des autres (Jane qui éclate en sanglots parce qu'elle doit se rendre compte que son émancipation nuit à la communauté). A notre avis, ce n'est pas par hasard que le point culminant de la réunion n'est point montré. Comme pour mieux indiquer que le discours social du film doit encore se cacher en filigrane, mais qu'il se révèle sans soucis à celui ou celle qui le cherche.
Train, amour et crustacés est un film qui a vieilli plutôt honorablement. L'intrigue est sans doute simpliste et la mise en scène intéressée en priorité à garder la pression sur le rythme de la narration. Mais en tant que cliché d'un état d'esprit à une époque donnée, ou davantage comme l'idylle sur un rêve américain qui n'avait déjà plus cours à la fin des années 1950, cette oeuvre divertissante de Richard Quine tient la route. Le condensé même du film se situe alors au moment de la réunion communale, où les rapports de force sont autant élaborés que les idéaux des uns (le discours patriotique et naïf de Denham) et les remords des autres (Jane qui éclate en sanglots parce qu'elle doit se rendre compte que son émancipation nuit à la communauté). A notre avis, ce n'est pas par hasard que le point culminant de la réunion n'est point montré. Comme pour mieux indiquer que le discours social du film doit encore se cacher en filigrane, mais qu'il se révèle sans soucis à celui ou celle qui le cherche.
Revu le 28 avril 2006, en DVD, en VO
Revu le 27 avril 2008, en DVD, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10