Père Noël (Le)
Réalisé par Alexandre Coffre (2014)
| Durée | 81 minutes |
| Sortie | 10/12/2014 |
| Note | 7/10 |
A six ans, Antoine croit encore au Père Noël. Comme tous les enfants, il lui a envoyé une lettre avec ses souhaits de cadeaux, dont le plus important serait de faire un tour de traîneau avec lui dans les étoiles. Trop excité pour dormir le soir du réveillon, Antoine n’en croit pas ses yeux quand il voit le Père Noël en personne tomber sur son balcon. Alors qu’il s’agit d’un cambrioleur en conditionnelle, qui profite de la période des fêtes pour rembourser ses dettes, Antoine voit en lui le véritable Père Noël, venu pour exaucer son vœu. Il le suit dans ses aventures illégales, croyant devenir ainsi son assistant incontournable. Le Père Noël se résigne à la présence de ce gamin collant, qui finira par lui prêter main forte.
Les critiques
Par Mulder 26/12/2014
Le personnage du père Noel a toujours été une source d’inspiration pour le cinéma. Véritable phénomène illustrant un nombre important de comédies françaises (comme Le père noël est une ordure (1982)), américaines réussies (Frère Noël (2007), Bad Santa (2003), Le Grinch (2000)) voire également des films d’horreur (Père Noel Origines (2010) et des films d’animation nombreux (Les Cinq légendes (2012)..), le père noel symbolise à lui seul l’un des jours préférés de l’année pour de nombreuses personnes enfants et adultes.
Dans la même veine que Bad Santa de Terry Zwigoff dans lequel le comédien Billy Bob Thornton incarnait Willie T. Stokes, un Père-Noël dans un grand magasin sarcastique et désabusé, Tahar Rahim est déguisé en père Noël qui profite de la nuit calme de Noël pour cambrioler plusieurs appartements de Paris. Il est aidé malgré lui par un jeune enfant qui croit qu’il est le vrai père Noël. Nous suivons ainsi leur longue nuit mouvementée et nous rappelant les comédies américaines des années 80/90. Après avoir réalisé les films Une pure affaire (2011) et la comédie imprononçable Eyjafjallajökull (2013), Alexandre Coffre s’appuie sur le premier scénario de Fabrice Carazo et Rachel Palmieri. Très attendrissant la relation entre cet enfant et ce père Noëll cambrioleur fait toute la réussite et le charme de ce film. Une nouvelle fois, Tahar Rahim dans ce rôle se révèle être parfait. Nettement plus habitué à un cinéma d’auteur (Un prophète (2009), A perdre la raison (2012), Grand Central (2013)), ses derniers films comme Samba (2014), Gibraltar (2013) témoignent d’une volonté de se tourner vers un cinéma grand public avec succès ou non.
Alors que la plupart des comédies françaises actuelles ont tendance à jouer sur la même mécanique sans chercher la moindre audace salvatrice, ce film est un véritable bol d’oxygène aux dialogues affûtés et surtout un conte moderne de Noël familial. Les différents niveaux de lecture du film feront qu’il plaira aussi bien à un public enfants mais aussi adulte. Les nombreuses vues de Paris, loin des clichés des films américains s’y déroulant, redonnent à cette ville toute sa beauté. Cette comédie attendrissante et attachante se révèle être parfaite pour ces vacances de fin d’année. Dans la catégorie des films de Père Noël, ce film trouve sa place parmi les réussites indémodables…
Vu le 12 décembre 2014 au Gaumont Disney Village, Salle 02, en VF
Par Marty 19/12/2014
A quoi bon produire et réaliser un film quand on dévoile l'intégralité d'un film dans des extraits ou des bandes-annonces dévoilés dans les salles obscures ? Pourquoi les concepteurs de bandes-annonces s'évertuent à dévoiler les moindres moments drôles ou de suspense des films ? Voilà, les questions que je me pose à chaque fois, que je sors d'une salle, après avoir vu un film, dans lequel les principales scènes ont été dévoilées auparavant. Sur Internet, on voit toujours "attention au spoiler"... On devrait le faire apparaître aussi avant la diffusion des bandes-annonces.
Sous cette remarque pertinente, c'est avec un certain plaisir que j'ai été découvrir le film Le Père Noël de Alexandre Coffre. Un film touchant et émouvant avec Tahar Rahim et le jeune Victor Cabal. En cette période de fin d'année, il est dans la coutume que la programmation donne lieu à des films sur l'esprit de Noël. On citera, par exemple, le Grinch ou Maman j'ai raté l'avion. Cette année, le réalisateur Eyjafjallajökull nous offre un joli conte avec un voleur déguisé en Père Noël et un petit garçon, timide, souriant, touchant et crédule comme tous les enfants ; endeuillé par la disparition de son papa. Celui-ci va suivre ce Père-Noël à la recherche de fortunes sur les toits, balcons et appartements parisiens, à défaut des cheminées, pour pouvoir communiquer avec son papa disparu.
Cette histoire est touchante mais en aucun cas larmoyante. L'habilité du réalisateur a construire une histoire aussi émouvante pour les petits que pour les grands. La prestation des deux protagonistes sont le point fort du film. Le petit Victor, cinq ans, est touchant et poignant. Crédule, il suit cet apprenti Père Noël, dans l'espoir de pouvoir communiquer avec un proche disparu. On a, obligatoirement, de la compassion pour ce petit bonhomme, qui joue un premier grand rôle dans sa vie d'acteur. A ses côtés, l'un des grands espoirs du cinéma français, Tahar Rahim. Toujours parfait, toujours juste, il dévoile une énième facette de large panoplie d'acteur et encore une fois, il illumine l’écran par sa joie de vivre et son côté sympathique.
Sans être le film de l’année, ce Père Noël est une comédie sympathique à regarder pour la qualité du casting. Je regrette uniquement ce point lié aux bandes-annonces qui ne poussent pas le spectateur dans les salles en dévoilant tant d’éléments. Dans le cas présent, 80% des actions comiques ou répliques du film ont été dévoilées… Regrettable !
Vu le 14 décembre, au Pathé Conflans.
Par Tootpadu 26/11/2014
Les décorations scintillantes des Champs-Elysées et la fausse neige des sapins devant le Panthéon sont de rigueur pendant la période de Noël à Paris, tout comme le foie gras et d’autres écarts gastronomiques. Au cinéma, la sucrerie inhérente à la saison se manifeste à travers des films destinés à réunir un public familial autour d’une sortie harmonieuse et surtout pas susceptible de raviver les frictions qui rythment le quotidien pendant le reste de l’année. Ces contes enchantés pour petits et grands nous font presque invariablement craindre l’indigestion par excès de sentiments sirupeux et de morale édifiante. Un film comme Le Père Noël, au titre plus que pragmatique, avait toutes les chances de nous faire fuir ou au moins de nous inciter à entrecouper notre ennui par un arrachage de cheveux en règle. A notre plus grande surprise, le contraire est arrivé, puisque Alexandre Coffre réussit avec son troisième film modeste, mais digne de reconnaissance, l’exploit de conter une histoire enchantée qui repose sur son ergonomie narrative pour éviter tout laisser-aller attendrissant.
A travers les yeux d’un enfant, même les événements les plus abjects peuvent revêtir une aura magique, en guise de mécanisme de sécurité psychologique pour rester à l’abri des traumatismes les plus graves. Contrairement au scénario, qui ne se fait point d’illusions sur les motivations criminelles du malfrat qui escalade les immeubles des quartiers chics pour éponger sa dette auprès d’individus encore moins fréquentables que lui, le garçonnet s’obstine à voir dans ces cambriolages laborieux la suite logique du mythe sur lequel se base son enfance. La dynamique efficace du récit consiste alors à amadouer le voleur tout en rendant un petit peu plus réaliste et donc adulte son jeune complice improbable. Ce n’est qu’au croisement tardif entre ces deux tangentes, lorsque le Père Noël assume enfin son rôle de père de substitution en avouant à Antoine la triste vérité sur son père biologique, que le chantage aux sentiments devient un peu trop poussif à notre goût.
Mais jusque là et par la suite, un léger vent d’insouciance souffle sur cette histoire divertissante. Son rythme soutenu ne permet aucun essoufflement narratif, même pas au sujet de l’antagonisme un peu grossier entre le Père Noël et le Père Fouettard. Or, le fait qu’Antoine voue en quelque sorte un culte aveugle à son idole et que celui-ci le lui rend bien en acceptant largement les termes de ce jeu de faux-semblant contourne adroitement le risque d’une répartition trop manichéenne des rôles. Néanmoins, le ton du film n’est à aucun moment dupe du simulacre. Il se l’approprie simplement avec un charme irrésistible, qui trouve un prolongement satisfaisant du côté des interprétations de Tahar Rahim et de Victor Cabal.
Vu le 26 novembre 2014, au Club Marbeuf