Bienvenue à bord

Réalisé par Eric Lavaine (2011)

Comédie
Bienvenue à bord
Durée 95 minutes
Sortie 05/10/2011
Note 4/10

Isabelle, directrice des ressources humaines, a une relation avec son patron depuis cinq ans. Elle espère officialiser cette liaison lors d’une croisière que son amant lui a promise sur le tout nouveau paquebot de la compagnie. Puisque l’épouse du supérieur infidèle s’est invitée in extremis au voyage, Isabelle échoue soudainement de ses vacances dans les caraïbes, de son compagnon, et de son travail. En guise de revanche pour un renvoi aussi peu galant, elle engage le chômeur invétéré Rémy Pasquier au poste d’animateur des activités à bord. Mais au lieu de semer la zizanie en haute mer, le comportement peu orthodoxe de Rémy prend et l’équipage, et les voyageurs au dépourvu.

La critique

Par Tootpadu 31/10/2011

Par où commencer pour tenir compte de toutes les inepties du dernier film d’Eric Lavaine, une soi-disant comédie à l’humour lourdement populiste, qui n’est point plus amusante que les navets précédents du réalisateur ? Il y a par exemple ce relent d’une homophobie infecte, le vestige indigne de Poltergay en quelque sorte, qui se manifeste ici sous la forme du prof de gym, qui prétend être pédé pour séduire plus facilement les femmes, ou bien d’une danse entre mecs qui s’arrête avant que les choses ne deviennent plus intimes. Dans le même contexte, le ton de Bienvenue à bord fait globalement preuve d’une condescendance rétrograde à l’égard d’autres minorités, comme les Antillais qui deviennent la victime d’une blague embarrassante autour du protagoniste sous l’emprise de trop de comprimés contre le mal des voyages. Que tous ces quiproquos et autres méprises poussives soient censés critiquer très mollement la ringardise d’une certaine partie de la société française – à moins qu’ils ne servent de fondement peu crédible à la prémisse d’une intrigue hautement laborieuse –, cela n’excuse nullement la complaisance avec laquelle la narration y a recours.
Tous les poncifs paraissent en effet permis pour nous conter une fois de plus l’histoire de Franck Dubosc, qui joue invariablement le même personnage dans tous ses films, peu importe qu’ils se déroulent sur le camping, dans une boîte en Normandie, ou sur un paquebot dernier cri. A force de se répéter, la recette Dubosc tourne cependant en rond ici, à travers cette intrigue abracadabrante d’un perdant qui devient, par un concours inouï de circonstances, l’ange gardien et bienfaiteur de presque tous les passagers. Seul l’état d’esprit vaguement optimiste de cette entreprise hasardeuse lui assure un minimum de notre bonne volonté, qui est sinon constamment mise à mal par un scénario bancal et une mise en scène une fois de plus dépourvue de la moindre personnalité.
En somme, il n’y a pas grand-chose à sauver dans ce film assez pénible, qui ne donne envie ni d’embarquer en croisière, ni d’attendre avec impatience les prochains exploits cinématographiques de son réalisateur et de sa vedette. Il est seulement dommage que des comédiens pas sans mérite, comme Valérie Lemercier et Gérard Darmon, s’égarent continuellement dans ce genre de divertissement bas de gamme, qui n’est à aucun moment à la hauteur de leur talent.

Vu le 31 octobre 2011, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 16

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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