Trois mousquetaires (Les)
Réalisé par Paul W.S. Anderson (2011)
| Durée | 111 minutes |
| Sortie | 12/10/2011 |
| Note | 5/10 |
Après avoir été trahis à Venise par Milady De Winter et le duc de Buckingham lors de la récupération du plan pour une arme secrète, les trois mousquetaires Porthos, Athos, et Aramis sont provoqués en duel par le jeune D’Artagnan, qui est monté à Paris de sa province gasconne, afin de devenir à son tour un mousquetaire. Au lieu de corriger cet adolescent effronté, les vieux guerriers font équipe avec lui pour protéger les intérêts du roi Louis XIII – lui-même encore un régent peu mature – et de la France, contre l’ennemi britannique et les stratagèmes machiavéliques du cardinal Richelieu.
La critique
Par Tootpadu 02/11/2011
L’adaptation de Paul W.S. Anderson ne lésine pas sur les gadgets techniques pour remettre l’histoire de Porthos, Athos, et Aramis au goût du jour. Ainsi, l’emploi du relief est plutôt prodigieux et tire amplement profit de la profondeur spatiale des palais somptueux, qui créent assez adroitement l’illusion d’être situés à Versailles, alors que le film a été presque exclusivement tourné en Allemagne. L’aspect européen de la production est d’ailleurs difficile à ignorer, tant il ne manque qu’une feuille de vigne française aux origines très variées des acteurs, de l’Allemand Til Schweiger au Danois Mads Mikkelsen, en passant par l’Ukrainienne Milla Jovovich, l’Autrichien Christoph Waltz, et les Anglais Matthew Macfadyen et Orlando Bloom. L’efficacité teutonne a en quelque sorte eu raison de l’état d’esprit plus latin de l’intrigue, ce qui se ressent à la fois dans le ton un peu lourd et très superficiel du scénario et une prolifération d’effets spéciaux pas toujours crédibles.
Plus globalement, ces Trois mousquetaires portent la marque de leur réalisateur, avant tout réputé pour son implication à longue haleine dans l’univers de Resident evil. Les nombreuses scènes de combat ressemblent par conséquent plus à des acrobaties sorties tout droit de la science-fiction, qu’aux duels légendaires des meilleurs films de cape et d’épée. Cet anachronisme permanent n’est démenti que sporadiquement, lors de l’affrontement entre D’Artagnan et Rochefort sur les cimes de Notre-Dame par exemple. Peu importe le cheminement aberrant qui les a emmenés dans cet endroit insolite, leurs échanges de coups bas et autres actes d’équilibristes justifient certainement l’inflation galopante des effets numériques qui les entourent, ne serait-ce que pour recréer un peu de la magie aventurière que les exploits d’un Errol Flynn ou d’un Stewart Granger dégageaient en abondance sans pareille trucage farfelu.
Bien qu’il ne fasse pas preuve d’une fidélité transcendante envers l’œuvre de Dumas, ce film constitue néanmoins un divertissement convenable, plus impressionnant du point de vue visuel et de l’action que de celui du contenu, traité avec aussi peu de soin et de subtilité que dans les spectacles creux et tonitruants de la saga des Pirates des Caraïbes.
Vu le 1er novembre 2011, à l’UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 5, en VO