Vinyan
Réalisé par Fabrice Du Welz (2008)
Aventure, Interdit aux moins de 12 ans
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 01/10/2008 |
| Note | 6/10 |
L'architecte Paul Bellmer et sa femme Jeanne se sont installés en Thaïlande, après avoir passé leurs vacances à Phuket. La catastrophe du tsunami remporte leur fils de six ans Joshua. Incapable de faire son deuil, Jeanne croit l'apercevoir sur une vidéo humanitaire, tournée dans une zone ravagée en Birmanie. Elle insiste alors pour partir à sa recherche dans la jungle, avec l'aide de l'influent trafiquant d'hommes Thaksin Gao.
La critique
Par Tootpadu 16/09/2008
Dans son deuxième film, le réalisateur belge Fabrice du Welz nous invite au voyage le plus étrange et déroutant au coeur de la jungle depuis Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, la dimension guerrière en moins. Cela commence avec le générique, aux lettres imposantes et à la composition de l'image et du son indéfinissables. L'image d'Emmanuelle Béart émergeante de l'eau a presque quelque chose d'extra-terrestre, d'inquiétant et d'imprévisible. Dès lors, la raison ne prendra qu'une place secondaire dans ce trip de plus en plus envoûtant vers une sorte de maternité instinctive et universelle.
Le réalisateur s'efforce de priver le spectateur de repères, aptes à garantir sa santé mentale. La descente dans le labyrinthe infernal d'un quartier populaire thaïlandais avec une caméra chancelante fait autant partie de ce projet esthétique plutôt réussi, que la bande son soigneusement travaillée pour évoquer le caractère menaçant de la forêt sauvage. Fabrice du Welz pratique un cinéma de l'immersion totale, qui agacera sans doute les spectateurs réticents à s'y adonner complètement. La notion de réalité ou de besoin vital s'estompe au profit d'une interprétation onirique du voyage désespéré du couple. Le récit devient tellement éthérée au fil du film, que même l'hystérie de Jeanne et l'attitude pour le moins méfiante, voire raciste, de Paul ne laissent plus d'impact désagréable.
L'interprétation est à l'image du film : courageuse, sans concessions et entière dans ses partis pris. Emmanuelle Béart et Rufus Sewell s'abandonnent entièrement au cauchemar éveillé qu'est leur périple. Leur jeu passionnel ne clarifie nullement le scénario assez abstrait, mais il lui confère une force suffisamment concrète, pour faire de Vinyan autre chose qu'un exercice de style sans fondement.
Le réalisateur s'efforce de priver le spectateur de repères, aptes à garantir sa santé mentale. La descente dans le labyrinthe infernal d'un quartier populaire thaïlandais avec une caméra chancelante fait autant partie de ce projet esthétique plutôt réussi, que la bande son soigneusement travaillée pour évoquer le caractère menaçant de la forêt sauvage. Fabrice du Welz pratique un cinéma de l'immersion totale, qui agacera sans doute les spectateurs réticents à s'y adonner complètement. La notion de réalité ou de besoin vital s'estompe au profit d'une interprétation onirique du voyage désespéré du couple. Le récit devient tellement éthérée au fil du film, que même l'hystérie de Jeanne et l'attitude pour le moins méfiante, voire raciste, de Paul ne laissent plus d'impact désagréable.
L'interprétation est à l'image du film : courageuse, sans concessions et entière dans ses partis pris. Emmanuelle Béart et Rufus Sewell s'abandonnent entièrement au cauchemar éveillé qu'est leur périple. Leur jeu passionnel ne clarifie nullement le scénario assez abstrait, mais il lui confère une force suffisamment concrète, pour faire de Vinyan autre chose qu'un exercice de style sans fondement.
Vu le 15 septembre 2008, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10