Stone
Réalisé par John Curran (2011)
| Durée | 105 minutes |
| Sortie | 11/05/2011 |
| Note | 4/10 |
L’officier pénitentiaire Jack Mabry attend avec impatience son départ à la retraite. Avant le jour fatidique, il ne compte plus s’occuper que des dossiers en cours, dont celui de Gerald « Stone » Creeson, en prison depuis huit ans pour avoir été le complice de l’assassinat de ses grands-parents. Le détenu n’est pas le seul à vouloir retrouver la liberté, ne serait-ce qu’en conditionnelle, puisque sa femme Lucetta cherche activement à rencontrer Jack Mabry et à le persuader d’être clément à l’égard de Stone. Dans le cadre de cette manœuvre de séduction, elle va jusqu’à attirer le fonctionnaire vieillissant et renfermé dans son lit.
La critique
Par Tootpadu 17/05/2011
La dimension spirituelle prend en effet rapidement le dessus au sein d’une intrigue avare en revirements tonitruants et en affrontements vigoureux. Le plan maléfique de Stone pour sortir prématurément de sa cellule est censé mettre à la fois le prisonnier et l’homme dont dépend entièrement ce laissez-passer face à eux-mêmes et à leurs certitudes religieuses. Tandis que Jack Mabry éprouve une crise de foi profonde, en dépit de l’observation docile des préceptes de son Eglise épiscopale, Stone acquiert contre toute attente une sorte de quiétude intérieure, grâce à sa recherche spirituelle, dont on ne sait jamais trop si elle n’est qu’une façade pour embellir son envie pressante de sortir de prison ou bien s’il l’éprouve sincèrement. La mise en scène de John Curran et le scénario ne paraissent pas non plus y attacher une importance particulière, puisque leur seul dispositif pour relayer une idée banale du surnaturel consiste à intégrer des sermons sans fin, issus d’émissions radiophoniques, dans la bande son. Cette surabondance de bavardages pseudo-illuminés enferme le film dans une conception platement réductrice de la foi, au lieu d’élargir réellement le champ de réflexion sur cette question rarement abordée par le cinéma hollywoodien, et pour cause.
Car entre le jeu d’Edward Norton qui en fait des tonnes, celui de Robert De Niro qui par conséquent n’a plus besoin de faire grand-chose, et la pauvre Milla Jovovich une fois de plus réduite à sourire bêtement et à montrer ses seins à tout bout de champ, la place pour évoquer sereinement l’essence de l’existence humaine est forcément inexistante. La narration très molle et la conclusion hautement insatisfaisante, à cause de son incapacité de renvoyer le spectateur au moins avec le simulacre d’une interrogation qui justifierait ce film trop indécis, confirment ainsi la poursuite aucunement flatteuse de la période des vaches maigres dans la carrière d’un acteur autrefois intouchable, qui enchaîne désormais des merdes filmiques plus ou moins répugnantes.
Vu le 16 mai 2011, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 15, en VO