Thirst Ceci est mon sang

Réalisé par Park Chan-wook (2009)

Interdit aux moins de 12 ans, Drame fantastique
Thirst Ceci est mon sang
Durée 134 minutes
Sortie 30/09/2009
Note 4/10

Le prêtre Sang-hyun ne supporte plus de devoir réconforter passivement les mourants à l'hôpital. Contre l'avis de ses supérieurs, il décide de partir en Afrique pour participer en tant que cobaye à la recherche d'un vaccin contre le virus Emmanuel. Mais l'expérience tourne au drame et tous les volontaires succombent à la maladie, sauf Sang-hyun qui ressuscite miraculeusement. Célébré à son retour en Corée comme un messie, le prêtre découvre avec horreur qu'il est devenu un vampire, assoifé de sang et incapable de mourir. Dépêché auprès du lit de Kang-woo, un ami d'enfance atteint d'un cancer, Sang-hyun éprouve aussi une croissance fulgurante de ses désirs charnels, qui se portent sur Tae-ju, la femme désoeuvrée de Kang-woo.

La critique

Par Tootpadu 09/07/2009

Cette relecture du mythe des vampires à travers le prisme d'Emile Zola a visiblement séduit le jury du dernier festival de Cannes, qui lui a décerné son prix. Nous ne partageons malheureusement pas cet enthousiasme face à un film froid et artificiel, qui a provoqué chez nous de l'ennui et de l'agacement, en lieu et place des frissons espérées. La maestria filmique de Park Chan-wook, si fascinante dans Old boy, y tourne rapidement en roue libre, voire pire encore : elle dégringole sur le terrain de l'esbroufe artistique, coupée des impératifs narratifs les plus élémentaires.
Les mouvements désordonnés de la caméra, l'invasion des effets spéciaux tapageurs, et les ellipses hasardeuses du montage ne réussissent à aucun moment à fournir un substitut satisfaisant pour le scénario anémique. Le genre du film de vampire ne s'est évidemment jamais prêté à un développement poussé de l'intrigue, même si la série actuelle de Twilight veut nous faire croire le contraire. Mais de là à devoir subir une histoire rudimentaire encore plus frustrante que celle de Trouble every day de Claire Denis, c'est un pas que nous aurions préféré ne pas franchir. Le ton survolté de la mise en scène de Park, avec au début ses citations du cinéma des années 1970 dans la tradition de l'univers filmique de Quentin Tarantino, et à la fin des dauphins dans le rouge du lever de soleil, ne permet guère de rentrer dans l'histoire, aussi mince soit-elle. Ainsi, alors qu'il n'y a déjà plus rien à prouver par rapport à la déchéance du prêtre, le côté formel du film s'agite encore convulsivement.
Seule la bande son travaillée avec soin de Thirst Ceci est mon sang se démarque positivement, dans cette expérience mal ficelée autour du thème des vampires, aussi peu pertinente que le détournement romantique par les romans de Stephenie Meyer.

Vu le 8 juillet 2009, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

Retour à la liste des Critiques