Monsieur Papa
Réalisé par Kad Merad (2011)
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 01/06/2011 |
| Note | 5/10 |
Le jeune Marius est impatient de connaître enfin son père. Sa mère Marie lui a certes raconté maintes histoires sur les exploits dans des pays lointains de son géniteur supposé, mais elle a été jusqu’à présent incapable de lui en montrer ne serait-ce qu’une seule photo. Elle sent cependant qu’elle ne pourra plus garder pour longtemps le secret des origines de son fils, d’autant moins que celui-ci entre de plein pied dans l’âge de l’adolescence et qu’il lui faudra impérativement une figure paternelle. Marie pense l’avoir trouvée en la personne de Robert Pique, un chômeur qu’elle a croisé par hasard dans le hall de l’immeuble où elle dirige l’entreprise de construction de feu son oncle. Elle lui propose de se faire passer auprès de Marius pour son père, le temps de calmer ses ardeurs de chercheur généalogique.
Les critiques
Par Mulder 13/06/2011
Comme dans tout premier film, les défauts sont ici nombreux : une mise en scène d’un classicisme total sans prise de risque, une intrigue et des personnages guère travaillés, un casting simple, transparent mais en osmose. Rien ne différencie ce film par sa thématique aseptisée, voulant plaire au plus grand nombre, des comédies grand public qui pullulent en continue sur nos grands écrans. Reste que Kad Merad est un comédien simple, attachant et qui se livre entièrement dans son premier film. Il s'impose ainsi comme une valeur sûre du cinéma populaire. La plupart des films auxquels il apporte sa contribution ne resteront pas comme des œuvres marquantes du cinéma français, mais comme des vestiges d'un temps où un acteur avait réussi à être aussi populaire qu'un Louis de Funès ou un Bourvil.
Un film pop-corn aussitôt vu et oublié.
Vu le 3 juin 2011, au Gaumont Disney Village, Salle 10
Par Tootpadu 23/05/2011
Hélas, la mise en scène convenable du débutant ne pourra rien contre le chavirement irrémédiable du scénario, encore passablement divertissant au début, mais de plus en plus désemparé face à une situation qui lui échappe au fur et à mesure que l’intrigue progresse. L’idée de départ du substitut paternel n’est pas autant à mettre en cause pour l’échec final du récit, qui se traduit par un montage très maladroit noyé dans une chanson passe-partout, que l’incapacité absolue du scénario de dynamiser le triangle familial inhabituel, une fois que les enjeux ont été expliqués. La découverte que Marius n’est nullement dupe du stratagème de sa mère ne suscite alors pas plus de répercussions que la perte de contrôle progressive de Marie, en quelque sorte symptomatique de l’ensemble du film, de plus en plus aberrant.
Les quelques éléments positifs de ce premier film très inégal se voient donc supplantés trop facilement par une tendance presque offensante à souligner la gentillesse inhérente à tous les personnages. Au lieu de faire chaud au cœur, l’absence d’un antagoniste plus crédible que Vincent Perez en mode cabotinage ne débouche que sur de la fadeur, contre laquelle la narration consensuelle ne tente point de résister. Au contraire, elle s’y conforme avec une facilité qui nous fait encore plus amèrement regretter l’occasion manquée de faire enfin un film sur les modes de vie en France, qui ne s’orientent plus depuis longtemps vers le modèle familial traditionnel.
Vu le 4 mai 2011, à la Salle Pathé Lamennais