Cadavres à la pelle
Réalisé par John Landis (2011)
| Durée | 91 minutes |
| Sortie | 31/08/2011 |
| Note | 6/10 |
En 1828, les deux principales écoles de médecine d’Edimbourg en Ecosse se font la guerre. Face à une pénurie de cadavres frais, indispensables pour des leçons d’anatomie, le docteur Monro a fait voter un amendement à la législation locale, qui lui garantit désormais tous les corps issus des pendaisons publiques. Son concurrent, le docteur Knox, doit par conséquent se contenter des dépouilles dans un état de décomposition avancée que les pilleurs de tombes lui proposent. Quand les immigrés irlandais William Burke et William Hare se retrouvent avec un locataire décédé d’une mort naturelle sur les bras, les deux amis exploitent à leur compte cette filière criminelle. Leur affaire de procuration de cadavres marche si bien, qu’ils devront vite recourir à des moyens plus violents pour satisfaire la demande.
La critique
Par Tootpadu 14/07/2011
La décision de la part du distributeur de repousser la sortie française du film d’un mois a en effet de quoi étonner, tant sa date initiale en plein été correspondait parfaitement au caractère loufoque et peu sérieux du film. Le jeter sur le marché en pleine frénésie de la rentrée, où il risque de surcroît de se faire oublier, voire écraser par des sorties plus consistantes, témoigne avant tout d’une absence de foi regrettable à son égard du côté de la Fabrique des films, qui le traite d’une manière à peine plus prestigieuse qu’une sortie technique. Or, aussi rétro et superficiel ce film soit-il, sa bonne humeur macabre est contre toute attente communicative. Elle permettrait presque d’envisager la vie avec un peu plus de détachement, si le détournement désinvolte de l’affaire historique de Burke et Hare ne faisait pas aussi vigoureusement fi de la moindre approche sérieuse.
Le ton ironique est donné dès le départ, avec cette préambule qui relativise d’emblée la véracité de ce qui suivra et une vieille teigne sur le point d’être exécutée, qui serait aussi bien à sa place dans un film de Mel Brooks. Le goût pour l’absurde et le macabre avec lequel John Landis saupoudre même les situations les plus condamnables d’un point de vue moral fait pencher son film du côté du sarcasme jouissif, tributaire avant tout d’un degré de moquerie élevé envers l’ensemble des personnages, sans exception. Le crétinisme affiché ou plutôt l’opportunisme incroyablement maladroit des deux personnages principaux n’incite ainsi pas plus au jugement que les ambitions guère plus louables de l’élite de la ville. Ils se réunissent davantage dans un conte noir au rythme endiablé. Celui-ci prouve à la fois que le réalisateur du Loup-garou de Londres n’a rien perdu de sa superbe au bout d’une longue période d’inactivité filmique, mais qu’il est en même temps incapable de s’adapter à l’évolution de l’expression cinématographique, ce qui n’est pas forcément un inconvénient, vu le style ostentatoire avec lequel le cinéma de genre a parfois tendance à nous assaillir ces derniers temps.
Vu le 11 juillet 2011, au Club Marbeuf, en VO