Sans identité
Réalisé par Jaume Collet-Serra (2011)
| Durée | 113 minutes |
| Sortie | 02/03/2011 |
| Note | 4/10 |
Le scientifique américain Martin Harris se rend avec sa femme Liz à Berlin, afin d’y participer à un congrès de biotechnologie. Une fois arrivé à l’hôtel, il se rend compte que sa mallette avec des documents importants a été oubliée à l’aéroport. En chemin pour la récupérer, Harris est impliqué dans un accident de la route, qui le plonge dans le coma. Il n’en sort que quatre jours plus tard, partiellement amnésique. Dès qu’il se souvient de la raison de son séjour en Allemagne, il se précipite à l’hôtel pour rassurer son épouse. Mais celle-ci ne le reconnaît pas et, pire encore, un autre homme prétend être le docteur Martin Harris.
La critique
Par Tootpadu 26/01/2011
L’exagération du point de vue étranger ne dure qu’un certain temps, jusqu’à ce que le protagoniste amnésique commence à envisager qu’il aurait réellement pu perdre la raison. La possibilité d’un film passablement ingénieux s’ouvre alors, qui ferait perdurer la paranoïa de Martin Harris dans le but d’emmener le spectateur vers une perte des repères infiniment plus subtile et inquiétante qu’un dépaysement bête et méchant. Hélas, le revirement suivant du récit prend une toute autre direction, puisque le scientifique évincé de sa vie pépère gagne en certitude sur sa véritable identité, au fur et à mesure que l’histoire se transforme en une copie pâlichonne des aventures de Jason Bourne. Dès lors, la grandiloquence des coups de théâtre ne sert plus qu’à rétablir tant soit peu l’honneur d’un homme, qui n’en avait pas pour commencer.
En dépit d’une distribution prestigieuse, qui comprend à peu de choses près tous les acteurs allemands de renommée internationale, dans des emplois pas forcément valorisants, le film n’arrive jamais à se défaire de la charge considérable de clichés qui pèse sur lui. La narration de Jaume Collet-Serra n’est pas non plus d’un grand secours, puisqu’elle a sérieusement tendance à s’essouffler pendant la dernière heure du film, quand les maigres enjeux scénaristiques sont clairement établis.
Il ne reste alors plus que l’observation étonnante de la deuxième attaque terroriste traitée comme un fait divers anodin cette année, après l’explosion dans le métro dans Au-delà de Clint Eastwood. Le seul aspect visionnaire du film serait donc la banalisation du terrorisme dans nos cités, où des bombes peuvent désormais exploser à l’improviste sans que personne ne s’en offusque ? On peut appeler cela sans gêne une pêche décevante de la part d’un réalisateur, dont le film précédent nous avait donné l’espoir –finalement illusoire – qu’il ne serait pas abonné aux navets sans intérêt.
Vu le 24 janvier 2011, au Club Marbeuf, en VO