Orly
Réalisé par Angela Schanelec (2010)
Drame
| Durée | 83 minutes |
| Sortie | 11/08/2010 |
| Note | 5/10 |
Une matinée de printemps à l'aéroport de Paris Orly : Juliette doit rentrer à Montréal quand elle rencontre Vincent, un producteur de musique, qui s'envole une dernière fois pour Los Angeles, avant de retourner définitivement en France; un adolescent est accompagné par sa mère en route pour l'enterrement de son père; deux jeunes touristes allemands attendent le départ de leur vol.
La critique
Par Tootpadu 05/07/2010
Orly a depuis toujours été le parent pauvre des aéroports parisiens. Plus difficile d'accès que Roissy, responsable d'un catalogue de destinations a priori moins prestigieuses que son pendant du nord de l'Île-de-France, et - pour guère arranger les choses - accablée d'un nombre plus élevé de grèves, cette gare aérienne n'aurait jamais pu être le décor d'une intrigue aussi cosmopolite et pétillante que Décalage horaire de Danièle Thompson. Elle se prête par contre parfaitement au cadre plus intimiste de cette production franco-allemande, dont la banalité revendiquée la distingue des autres aventures de haut vol, comme Airport de George Seaton ou Hôtel International de Anthony Asquith, à travers lesquelles le cinéma a cherché à rendre ce lieu de passage plus dynamique dans le passé.
Le cinquième film de la réalisatrice Angela Schanelec privilégie plutôt un ton calme et subtil, pour rendre compte du quotidien dans les halles d'Orly. Les rencontres et les conversations à première vue banales dans l'attente de l'embarquement ne se démarquent en effet pas par leur potentiel à déboucher sur des actions concrètes. Même l'évacuation finale de l'aéroport, la seule référence à la menace terroriste qui a marqué la décennie passée, ne se solde pas par un sursaut de barbarie comme dans Un film parlé de Manoel De Oliveira. L'équilibre presque ennuyeux du bavardage entre voyageurs n'est perturbé qu'imperceptiblement, au détour d'un rapprochement progressif entre deux expatriés, de la révélation - qui pourrait aussi bien être de la provocation - d'un fils à sa mère, ou d'un coup de cœur éphémère, mais néanmoins profond, qui pourrait mettre tout en question. C'est dans ces instants inattendus, qui risquent de mettre en péril la poursuite du voyage, que la mise en scène se montre le plus adroite, notamment dans ce bel hommage au Blow-up de Michelangelo Antonioni, lorsque le touriste allemand revoit la femme qu'il avait remarquée quelques minutes auparavant sur une photo prise au hasard, tout en étant incapable de faire durer son émotion.
Le style tout en retenue d'Angela Schanelec se montre par contre bien moins concluant, lorsqu'il s'agit d'établir un lien entre les différents épisodes d'Orly et de conférer une pertinence à l'ensemble de son film. Le choix apparemment aléatoire des personnages que l'on suit et d'autres, qui n'ont qu'un intérêt très limité pour le déroulement de l'intrigue minimaliste, enlève toute intensité et urgence dramatiques au film, qui s'apparente du coup à une collection de tranches de vie sans raison d'être particulière.
Le cinquième film de la réalisatrice Angela Schanelec privilégie plutôt un ton calme et subtil, pour rendre compte du quotidien dans les halles d'Orly. Les rencontres et les conversations à première vue banales dans l'attente de l'embarquement ne se démarquent en effet pas par leur potentiel à déboucher sur des actions concrètes. Même l'évacuation finale de l'aéroport, la seule référence à la menace terroriste qui a marqué la décennie passée, ne se solde pas par un sursaut de barbarie comme dans Un film parlé de Manoel De Oliveira. L'équilibre presque ennuyeux du bavardage entre voyageurs n'est perturbé qu'imperceptiblement, au détour d'un rapprochement progressif entre deux expatriés, de la révélation - qui pourrait aussi bien être de la provocation - d'un fils à sa mère, ou d'un coup de cœur éphémère, mais néanmoins profond, qui pourrait mettre tout en question. C'est dans ces instants inattendus, qui risquent de mettre en péril la poursuite du voyage, que la mise en scène se montre le plus adroite, notamment dans ce bel hommage au Blow-up de Michelangelo Antonioni, lorsque le touriste allemand revoit la femme qu'il avait remarquée quelques minutes auparavant sur une photo prise au hasard, tout en étant incapable de faire durer son émotion.
Le style tout en retenue d'Angela Schanelec se montre par contre bien moins concluant, lorsqu'il s'agit d'établir un lien entre les différents épisodes d'Orly et de conférer une pertinence à l'ensemble de son film. Le choix apparemment aléatoire des personnages que l'on suit et d'autres, qui n'ont qu'un intérêt très limité pour le déroulement de l'intrigue minimaliste, enlève toute intensité et urgence dramatiques au film, qui s'apparente du coup à une collection de tranches de vie sans raison d'être particulière.
Vu le 30 juin 2010, au Reflet Médicis, Salle 3, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10