Livre d'Eli (Le)
Réalisé par Albert Hughes, Allen Hughes (2010)
| Durée | 118 minutes |
| Sortie | 20/01/2010 |
| Note | 6/10 |
Trente hivers après qu'une guerre atomique a rendu la Terre pratiquement inhabitable, le vagabond solitaire Eli poursuit son chemin vers la côte ouest des Etats-Unis. Il se sent investi d'une mission : déposer le livre dans lequel il puise chaque jour la force de continuer son périple dans un lieu digne de ce cadeau. Sur sa route, il s'arrête dans une petite ville fondée par Carnegie, un chef de gang impitoyable qui est lui-même à la recherche de ce livre, susceptible de lui assurer la confiance aveugle des habitants. Eli refuse de se rallier au camp de Carnegie et de lui céder son livre précieux.
Les critiques
Par Mulder 10/02/2010
Sur une histoire simpliste, un être solitaire traverse les Etats-Unis, afin de donner un livre très important à des chercheurs, implantés sur l'île d'Alcatraz. Pour réussir sa mission, il devra affronter un gang et des cannibales. Ce héros moderne est un expert en combats et Denzel Washington lui donne ses traits avec un effacement qui force le respect.
Ce film de science-fiction est jubilatoire par bien des côtés, car il s’apparente à un western halluciné. Les nombreuses scènes de combat sont tellement bien orchestrées que l'on se croirait revenu à la période bénie, où John Woo s'imposait par les renversants Hard to kill et The Killer. La force de ce film vient également de son casting principal : Denzel Washington qui joue tout en retenue est parfait dans son rôle et se révèle excellent dans les scènes de combat. Quant à Gary Oldman, dans le rôle du tyran, il se révèle également à la hauteur de son rôle.
Ce film aborde aussi l'avenir de la race humaine sur une planète dévastée par le nucléaire. Guère d'espoir à l'horizon dans ce monde carbonisé, où sévit la loi du plus fort. Le héros qui traverse ce monde post apocalyptique nous renvoie à ces mangas japonais, dans lesquels un maître d'armes essaie de redonner l'espoir à des miséreux. Le livre d'Eli est en quelque sorte un élément fondamental, qui évitera à l'espèce humaine de sombrer dans l'état animal.
Ce film s'impose donc comme un excellent film, digne successeur de la saga des Mad Max. A ce titre, la fin de celui-ci nous donne envie de revoir une nouvelle fois cette hymne à la liberté, à la religion et surtout au partage du savoir.
A voir absolument en salle pour apprécier ce film à sa juste valeur !
Vu le 23 janvier 2010, au Gaumont Disney Village, Salle 1, en VF
Par Tootpadu 04/02/2010
Après des débuts déjà formellement surchargés (l'effet de la flèche qui traverse au ralenti les retombés atomiques, avant de se loger dans un chat maigrichon), la situation d'Eli rappelle forcément celle de Robert Neville dans Je suis une légende de Francis Lawrence, par la solitude et l'instinct de survie que les deux protagonistes ont en commun dans un environnement hostile et dévasté. Cette histoire-ci se poursuit cependant d'une manière bien moins engageante, puisque la narration change de registre dès l'arrivée d'Eli dans la ville. Dès lors, nous assistons à une sorte de western futuriste, avec la quête de l'enseignement biblique comme moteur dramatique plus qu'improbable, pour ne pas écrire bidon. Tandis que certains aspects de la vie post-atomique, comme le troc ou la rareté de l'eau qui rend toute hygiène de corps un luxe, sont imaginés d'une façon saisissante, le coeur même du scénario, qui veut nous faire croire que le méchant aspire aux valeurs altruistes de la foi chrétienne, s'apparente davantage à de la propagande religieuse à peine larvée. Ce n'est certes pas la seule faiblesse du scénario, qui s'autorise également quelques énormités flagrantes (la sortie miraculeuse de Solara du puits, le réservoir d'essence faramineux de la voiture de fuite, la longévité pas moins étonnante d'Eli pendant la dernière demi-heure du film), mais c'est celle qui sème le plus le doute sur les motivations idéologiques suspectes des frères Hughes.
L'interprétation fait au moins preuve d'une retenue qui n'aurait pas fait de mal au reste du film. Alors que la distribution doit paraître sur le papier comme un véritable repaire de cabotins, à l'écran elle se distingue par une sobriété surprenante, à laquelle on ne s'attendait pas du tout de la part d'un Gary Oldman, d'un Malcolm McDowell, et dans une moindre mesure, d'un Denzel Washington. En plus, de brèves retrouvailles avec Jennifer Beals, Tom Waits et Michael Gambon apportent un cachet au film, qui nous ferait presque oublier son côté maladroitement prêcheur.
Vu le 4 février 2010, à l'UGC Ciné Cité La Défense, Salle 5, en VO