Streamfield Les Carnets noirs
Réalisé par Jean-Luc Miesch (2009)
| Durée | 102 minutes |
| Sortie | 30/11/2009 |
| Note | 4/10 |
La caricaturiste politique Liso Vega reçoit d'une source anonyme le listing de la banque Streamfield, qui contient de nombreux noms d'hommes politiques ou d'affaires, supposément impliqués dans un trafic d'armes suspect. Il y figure également, sous le pseudonyme assez révélateur de Nikozy, le nom du politicien le plus côté pour succéder à l'actuel président de la république. Alors que la presse consacre sa une à cette liste compromettante et que le juge d'instruction Soren se saisit de l'affaire, l'homme d'affaires Menacci se suicide. Son frère cadet Dominique et quelques autres personnes soupçonnées de prise illégale d'intérêts mènent alors leur propre enquête. Assistés par Liso Vega, ils remontent jusqu'à Gaspard Arthus, le chef des renseignements, qui aurait inventé la liste Streamfield de toutes pièces, afin de discréditer Nikozy.
La critique
Par Tootpadu 11/01/2010
Toujours est-il que les ramifications de cette manigance foireuse ne fournissent pas forcément une matière dramatique passionnante. En plus, tout ce que le réalisateur Jean-Luc Miesch fait, c'est de nous raconter mollement le déroulement de l'affaire, avec des participants dont l'identité est à peine camouflée. La tentative de combler la pauvreté de l'intrigue par un récit alambiqué, truffé de niveaux de narration parallèles mais point concluants, ne rencontre guère plus de succès que la combine de dilettante de laquelle elle s'inspire. Les confessions intimes en noir et blanc, les définitions des termes particuliers, et la présentation des protagonistes sous forme de croquis sont ainsi autant de dispositifs formels, qui ne contribuent nullement à l'éclaircissement de l'affaire. Au contraire, ils diluent encore un peu plus une trame narrative, qui se montre d'emblée assez confuse.
Car Streamfield Les Carnets noirs n'est après tout qu'une petite production indépendante bancale, aux ambitions démesurées, qui use les agences de presse et les dates de sortie, sans éventuellement jamais voir la lumière du projecteur d'une salle commerciale. La raison pour cette présentation à retardement repose sans doute autant sur les difficultés légales probables du film, que sur sa qualité peu recommandable, qui le prédestinerait davantage à une sortie estivale et discrète. La galerie de tronches d'un certain cinéma français, dont la plupart nous exaspèrent régulièrement par le choix fort discutable de leurs projets (Pierre Arditi, Bernard Le Coq, ...) et la mise en scène sans verve de Jean-Luc Miesch ne réussissent en tout cas à aucun moment de rendre ce simulacre de l'affaire Clearstream au moins passablement attrayant.
Vu le 6 janvier 2010, au Club de l'Etoile