Dernier diamant (Le)
Réalisé par Eric Barbier (2014)
| Durée | 109 minutes |
| Sortie | 30/04/2014 |
| Note | 6/10 |
Alors qu’il est en liberté conditionnelle, l’ancien cambrioleur Simon fait des petits casses avec son complice Albert. Celui-ci le présente au truand Scylla, qui a besoin de ses services pour un vol à haut risque. Le célèbre diamant le Florentin fera l’objet d’une vente aux enchères à Anvers, lors de laquelle la bande des voleurs compte le dérober. Simon est censé s’approcher de Julia, qui succède à sa mère, décédée dans des circonstances mystérieuses, pour organiser la vente. Car c’est cette experte et représentante des propriétaires de la pierre précieuse qui détient la deuxième clef de la vitrine d’exposition, indispensable pour réussir le vol.
La critique
Par Tootpadu 13/05/2014
Quand le cinéma français essaie de croiser la recette éprouvée du thriller hitchcockien avec les paillettes du monde de Danny Ocean, cela doit donner quelque chose comme ce film-ci. Au détail près que le quatrième film du réalisateur Eric Barbier ne quitte jamais le triangle géographique nullement palpitant entre la Belgique, le Luxembourg et Paris. Cette préambule pourrait donner l’impression que Le Dernier diamant est un film terne et ennuyeux à fuir. Mais même si son parcours dans les salles françaises est loin d’être brillant, il s’agit d’un film de genre des plus solides. L’intrigue y avance sans temps mort, avec des revirements parfois dépourvus de crédibilité, mais soucieux en toute circonstance de maintenir la tension narrative.
Le protagoniste fait partie de la race défunte des gentlemen gangsters, puisque ses sentiments personnels influent juste assez sur ses choix professionnels pour lui éviter de devenir une crapule criminelle. Ce n’est nullement une conscience politique qui l’anime, au grand dam de son acolyte de longue date qui, lui, est déjà trop vieux pour ce sale boulot et qui habite dans une misérable caravane au bout d’une vie de cambrioleur. Mais Simon ne se laisse pas non plus freiner par des scrupules romantiques pour mener à bien un plan en or. Seulement une fois qu’il s’est fait doubler par ses commanditaires machiavéliques, ce personnage un peu trop lisse et malin pour être réellement intriguant sortira de sa réserve et mettra son destin entre les mains de celle qu’il avait discrètement manipulée jusque là.
La narration vigoureuse s’encombre donc à peine des tourments psychologiques des participants, pour mieux mener le récit sur un ton sec et sans fioriture. Par conséquent, l’absence d’exotisme du décor importe finalement peu dans le contexte d’un film, qui agence habilement les éternels dispositifs du thriller, sans trop de surprises, ni bonnes, ni mauvaises. Ce qui est déjà tout à fait honorable à une époque, où la surenchère formelle et les mises en abîme faussement intelligentes de la narration sont hélas la règle pour ce genre de film, aux ambitions morales très limitées.
Vu le 13 mai 2014, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 17