Shotgun stories
Réalisé par Jeff Nichols (2008)
Drame familial
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 02/01/2008 |
| Note | 7/10 |
Dans une petite ville de l'Arkansas, Son Hayes vit avec ses frères Boy et Kid. Depuis que leur père les a laissés avec une mère haineuse, pour fonder une nouvelle famille et avoir d'autres fils, Son veille sur ses frères. A la mort de leur père, Son ne peut pas s'empêcher de faire irruption dans l'enterrement respectable, pour rappeler à tout le monde quel genre de personne méprisable le défunt était réellement. Cet acte irréfléchi rouvre de vieilles blessures entre les deux familles Hayes.
La critique
Par Tootpadu 29/12/2008
Si des doutes existaient encore quant au retour en force des années 1970 au cinéma, il suffirait de contempler ce premier film poétique, pour se convaincre du fait que Terrence Malick et d'autres maîtres de cette décennie marquante ont définitivement fait des émules parmi les jeunes réalisateurs à peine nés à cette époque-là. Il émane en effet une force visuelle de Shotgun stories, qui rapproche cette histoire sombre sur un différent familial des Moissons du ciel de Malick. Toutefois, Jeff Nichols sait conjuguer des influences diverses, comme les rivalités entre frères plutôt en vogue dans les années 1950 et un manque de vigueur existentielle qui reflèterait davantage un état d'esprit contemporain, pour créer une oeuvre qui subjugue surtout par son apparente simplicité.
L'engrenage inextricable de la violence, qui adopte parfois des dimensions bibliques, fournit le moteur principal à l'intrigue. Sauf que l'économie astucieuse des moyens narratifs de la part du réalisateur enferme les moments les plus tragiques dans des ellipses délicates, comme pour mieux insister sur le fait que son film ne s'intéresse point au spectacle de la violence, mais plutôt aux ramifications sociales et psychologiques qui lui précèdent et la suivent. La famille Hayes honteuse se nourrit de ce conflit, voire se définit par rapport aux cicatrices corporelles et mentales qu'il lui a laissées. Et le pendant prétendument plus légitime de la famille s'en sert tout autant pour protéger une réputation bâtie sur le mensonge, c'est-à-dire sur le passé renié du père.
Conscient de la valeur tragique de son récit, Jeff Nichols sait pourtant lui préserver une authenticité et une banalité sans fausse note. Il excelle dans la création d'un cadre bucolique, dont l'oisiveté des occupants et le caractère désert des installations agricoles ou industrielles, ainsi que la quiétude des champs, renforcent encore l'attrait irrésistible de la spirale de la violence. Nichols est admirablement épaulé dans cette tâche subtile par la photo très belle d'Adam Stone.
Enfin, le jeu tout en profondeur de Michael Shannon, qui laisse deviner les supplices morales que lui inflige son passé familial trouble, est secondé sans prétention par des comédiens, dont l'aspect commun enracine le récit incontestablement dans une banalité des plus saisissantes.
L'engrenage inextricable de la violence, qui adopte parfois des dimensions bibliques, fournit le moteur principal à l'intrigue. Sauf que l'économie astucieuse des moyens narratifs de la part du réalisateur enferme les moments les plus tragiques dans des ellipses délicates, comme pour mieux insister sur le fait que son film ne s'intéresse point au spectacle de la violence, mais plutôt aux ramifications sociales et psychologiques qui lui précèdent et la suivent. La famille Hayes honteuse se nourrit de ce conflit, voire se définit par rapport aux cicatrices corporelles et mentales qu'il lui a laissées. Et le pendant prétendument plus légitime de la famille s'en sert tout autant pour protéger une réputation bâtie sur le mensonge, c'est-à-dire sur le passé renié du père.
Conscient de la valeur tragique de son récit, Jeff Nichols sait pourtant lui préserver une authenticité et une banalité sans fausse note. Il excelle dans la création d'un cadre bucolique, dont l'oisiveté des occupants et le caractère désert des installations agricoles ou industrielles, ainsi que la quiétude des champs, renforcent encore l'attrait irrésistible de la spirale de la violence. Nichols est admirablement épaulé dans cette tâche subtile par la photo très belle d'Adam Stone.
Enfin, le jeu tout en profondeur de Michael Shannon, qui laisse deviner les supplices morales que lui inflige son passé familial trouble, est secondé sans prétention par des comédiens, dont l'aspect commun enracine le récit incontestablement dans une banalité des plus saisissantes.
Vu le 29 décembre 2008, au MK2 Quai de Seine, Salle 5, en VO
★★★★★★★☆☆☆
7/10