Frozen river
Réalisé par Courtney Hunt (2009)
| Durée | 97 minutes |
| Sortie | 07/01/2009 |
| Note | 6/10 |
Quelques jours avant Noël, Troy, le mari de Ray et un joueur invétéré, s'en va sans donner signe de vie, et avec toutes les économies familiales, maladroitement cachées dans la boîte à gants. Le rêve de Ray, d'offrir enfin un mobile home décent à ses deux fils, vole alors en éclats. Criblée de dettes, elle retrouve la voiture de Troy auprès de Lila, une jeune femme indienne qui fait passer des immigrés clandestins chinois et pakistanais à travers la frontière proche avec le Canada. Ray participe au trafic humain, le temps de réunir assez d'argent pour finir de payer sa nouvelle maison.
La critique
Par Tootpadu 17/12/2008
Son acharnement forcené et parfois contre toute raison n'est motivé que par la poursuite d'une conception du bonheur, qui devrait être hors de sa portée. Les catastrophes de la vie courante l'assaillent de partout, mais Ray réussit malgré tout à garder la tête hors de l'eau. Elle n'est point instruite et pas non plus idéaliste. Mais sa débrouillardise toujours en marge de la légalité et rarement en phase avec ce qu'on pourrait appeler un comportement exemplaire témoigne d'une force vitale indéfectible. C'est cette énergie téméraire qui la rend intéressante, faute d'être réellement attachante, tout comme l'interprétation magistrale de Melissa Leo. Ce rôle aurait pu convenir à Patricia Clarkson, par exemple, si ce n'était pour une absence de sophistication que Leo exprime sans gêne, ni fausse pudeur.
Principalement un portrait saisissant de femmes, au pluriel puisque le personnage de Lila est au moins aussi complexe et difficile d'accès que celui de Ray, Frozen river promeut également une idée plutôt rafraichissante de la justice. Cela ne se traduit pas toujours par une simplicité aussi apaisante que lorsque Troy Jr. est mis face à sa victime à la fin du film. Mais le constat d'une réalité dure, mais guère désespérante, avec lequel nous laisse Courtney Hunt est plus intelligent et moins tendancieux que les messages tout faits des films dont elle dit s'inspirer bizarrement, comme Babel de Alejandro Gonzalez Iñarritu ou Collision de Paul Haggis.
Vu le 17 décembre 2008, au Club 13, en VO