Triangle

Réalisé par Tsui Hark, Ringo Lam, Johnnie To (2008)

Gangster
Triangle
Durée 93 minutes
Sortie 16/01/2008
Note 6/10

Sam est aux abois. Il n'a plus d'argent, ayant dépensé l'héritage de sa première femme. Il est sur le point d'accepter de conduire une voiture de fuite, un travail proposé par son ami Fai, un chauffeur de taxi, quand un inconnu en imper leur propose, en compagnie d'un troisième copain, Mok l'antiquaire, un plan qui pourra les rendre très vite très riche. Il s'agit d'une carte qui donnerait accès à un trésor caché sous le bâtiment du conseil législatif. Tous les trois en pleine galère, les amis n'hésitent pas longtemps avant de sauter sur l'occasion. Sauf que Wen, policier et amant de la femme de Sam, surveille ce dernier pour éviter qu'il fasse du mal à son épouse et qu'il ne tarde pas, lui non plus, à s'intéresser au butin.

La critique

Par Tootpadu 06/04/2008

Trois réalisateurs, aux tempéraments et aux styles assez variés, pour un seul film, cela prédispose à une oeuvre disparate et inégale. Et objectivement parlant, Triangle peut correspondre à nos pires craintes, en vue de son rythme narratif sans suite, son scénario sans ligne claire et son style approximatif, pas vraiment bénéficiaires du talent de Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To. L'absence de signature identifiable est même si évidente, qu'on se demande ce qui a bien pu pousser les trois maîtres asiatiques du cinéma de genre à se réunir sur ce projet ?
Une réponse possible, aussi simple que désarmante, pourrait être que ces trois metteurs en scène chevronnés aiment se faire plaisir de temps en temps. Quand le résultat de cette récré artistique prend une forme si désinvolte et joyeusement bordélique que dans le cas présent, on serait mal placés pour leur faire la morale. Il ne devient en effet jamais tout à fait clair quel est l'enjeu du film, autre qu'une quête de la vitesse enivrante. Mais même en passant sans ménagement d'un aspect de l'intrigue à l'autre, parfois sans le moindre respect pour la logique plausible des événements, le récit dégage une telle frénésie qu'il devient aisé de se laisser porter par son rythme effréné et gaiement bricolé.
Certes, quelques morceaux de bravoure persistent, comme l'embrouille des sacs en préparation d'une finale étrangement détendue, et il est plaisant de reconnaître progressivement les têtes des acteurs fidèles notamment à Johnnie To. Mais ce qui distingue ce film, c'est sa désinvolture sans bornes, tout comme son inventivité et son originalité, qui ne se soucient guère des conventions du genre (cf. la façon expéditive avec laquelle est traitée le casse, par exemple) !

Vu le 6 avril 2008, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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