Vengeance

Réalisé par Johnnie To (2009)

Gangster
Vengeance
Durée 108 minutes
Sortie 20/05/2009
Note 5/10

A Macao, le gendre et les deux petits-enfants de Francis Costello sont fusillés dans leur appartement. Seule sa fille Irene survit, grièvement blessée. Costello, propriétaire d'un restaurant sur les Champs-Elysées, se rend alors en Asie pour venger ce crime abominable. Son statut d'étranger ne lui y facilitera point la tâche. Il fait alors appel au gang de tueurs à gages de Kwai pour retrouver les assassins. Et Costello reprend lui-même les armes, vingt ans après avoir échangé son travail de tueur professionnel contre celui de chef de cuisine.

Les critiques

Par Mulder 15/07/2009

A juger de la filmographie de notre Johnny Hallyday, aucun film ne restera dans la postérité, hormis peut-être Détective (Godard) et L'Homme du train (Leconte). Ce film par lui-même est vite oubliable et son seul intéret est de voir que non seulement ce chanteur est un monument français de la chanson populaire, mais est aussi capable d'être un comédien inspiré.

Ce film, traitant de la vengeance d'un homme amnésique, nous renvoie par certains côtés à Memento de Christopher Nolan. Mais le fait qu'il manque cruellement de rythme et de rebondissements font que le spectateur aura tendance à somnoler tout au long. Nous avons ainsi plus l'impression d'assister à la projection d'un épisode de "Derrick" que d'être devant un film hong-kongais dont le fer de lance sont les productions HK. Les scènes de fusillade sont pratiquement toutes ratées, hormis une seule se passant dans une décharge publique.

Ce film ne remet pas en cause le talent de son réalisateur pour narrer une aventure, mais celui-ci ne restera pas comme un classique contrairement à Election et PTU. Il se rapprocherait plus de l'ambiance molle d'un Mad Detective. Reste que ce film, hormis la présence de son acteur principal, est une déception totale. Le fait qu'il n'ait pas rencontré le succès est pleinement justifié. Film à découvrir uniquement à la télévision sur TF1 ou F2.

Vu le 23 mai 2009, au Gaumont Disney Village, Salle 8, en VF

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

Par Tootpadu 30/05/2009

La présence de notre Johnny national dans ce film, présenté il y a peu en compétition au festival de Cannes, ne dénature en rien son caractère typiquement toien. Son rôle s'avère au contraire presque secondaire dans la composition scénaristique, qui privilégie, comme souvent chez Johnnie To, la notion d'équipe ou d'ensemble. Ce Francis Costello ne peut ainsi nullement être apparenté au Lemmy Caution dans Alphaville de Jean-Luc Godard. Il est certes un étranger dans le paysage urbain aux lumières brillantes de Macao. Mais sa vocation narrative repose avant tout sur le contrat qu'il propose aux truands locaux. Encore affaibli par le handicap de l'amnésie, le personnage ne demande guère d'effort particulier à Johnny Hallyday, qui s'en acquitte raisonnablement.
Non, Vengeance est plus un exemple supplémentaire de la solidité à toute épreuve par laquelle se distingue Johnnie To dans la plupart de ses films, rares en comparaison avec son oeuvre global, qui ont eu l'honneur de sortir en France. Un artisan hors pair du film de genre, Johnnie To fait partie de ces réalisateurs en voie d'extinction, qui savent transposer les leçons du passé dans le contexte esthétique et narratif du présent. Sa composition somptueuse du cadre en format large relève ainsi du style personnel, tandis que la trame de son histoire s'apparente davantage au western dans toute sa gloire crépusculaire, à l'époque de La Horde sauvage de Sam Peckinpah, par exemple. Quand les membres de la triade s'affrontent lors d'une fusillade dans le décor improbable d'une décharge, cachés derrière des cubes de déchets compressés et incommodés par le vent qui soulève toutes sortes de saletés, c'est cette tradition des duels sanglants et savamment orchestrés qui est ravivée avec brio.
Néanmoins, le fond de l'intrigue n'est pas toujours à la hauteur de l'enchaînement plaisant des morceaux de bravoure esthétique. Si l'on peut considérer que Johnnie To applique avec adresse l'art du recyclage et de la référence stylistiques, son histoire serait alors un pastiche banal, juste bon à fournir un prétexte solide, mais guère astucieux, à l'articulation du talent indéniable du réalisateur.

Vu le 30 mai 2009, au Majestic Bastille, Salle 1, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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