Deux soeurs pour un roi

Réalisé par Justin Chadwick (2008)

Drame historique
Deux soeurs pour un roi
Durée 115 minutes
Sortie 02/04/2008
Note 6/10

Sir Thomas Boleyn espère que ses trois enfants feront de bons mariages, qui assureront l'ascension sociale de la famille. Alors qu'il promet sa fille cadette Mary, belle et innocente, à William Carey, un marchand de tapis fortuné, il a des projets plus ambitieux pour son aînée Anne, infiniment plus calculatrice que sa soeur. Lorsque le roi Henry VIII n'arrive pas à concevoir un héritier mâle avec la reine Catherine d'Aragon, l'oncle des soeurs Boleyn, l'influent Duc de Norfolk, y flaire l'occasion rêvée pour fournir au souverain une maîtresse issue de sa famille. Bien qu'Anne soit d'abord pressentie pour ce rôle délicat, Henry VIII tombe sous le charme de Mary et l'invite à le suivre à la cour. Mais sa soeur délaissée ne compte pas laisser filer un parti aussi prestigieux.

Les critiques

Par Mulder 31/03/2008

Les films britanniques en costume sont la plupart du temps très bien réalisés, mais avec un style assez pompeux. Ils frôlent à chaque fois une vision trop théâtrale des faits reproduits. Ces films sont en général certes intéressants à voir, mais trop longs et assez ennuyeux. Dans le cas présent, Deux sœurs pour un roi montre autant de qualités (costumes très beaux, interprétations convaincantes, décors somptueux) que de défauts (mise en scène de la qualité d'un téléfilm, intrigue guère prenante).

Pourtant, il faut reconnaître à ce film quelques singularités intéressantes. En effet, ce film britannique repose sur des acteurs américains dont on avait eu du mal à penser qu'ils joueraient un jour dans ce genre de film. En effet, on attend plus facilement Natalie Portman dans des films d'auteur et se passant à notre époque ou dans un futur lointain, Scarlett Johansson dans des comédies ou des films policiers, et surtout Eric Bana dans des films d'action ou des thrillers. Ce choix délibéré du réalisateur est une excellente idée, car il nous permet de voir à quel point ces trois acteurs sont de vrais comédiens et non pas des stars people cantonnées aux blockbusters sans âme.

Si vous aimez les films historiques et si vous êtes fans, comme moi, de Natalie Portman, vous allez passer un bon moment et haïr les Britanniques à la fin du film, pour avoir fait subir à son personnage principal un sort guère glorieux. Si au contraire, vous recherchez des films reposants et tout public, nous vous conseillons plutôt de changer de salle et d'aller voir Disco, car ce film ne sera pas pour vous !

Vu le 26 mars 2008, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

Par Tootpadu 27/02/2008

Quels beaux costumes ! Quelle photo somptueuse ! Les producteurs de cette incursion romancée dans l'Histoire anglaise n'ont pas lésiné sur les moyens pour rendre leur film visuellement attrayant. Et au moins de ce point de vue-là, ils ont amplement réussi leur mission, tellement la palette chaleureuse des couleurs et la matière luxueuse des étoffes font plaisir à voir. Seulement, évoquer en premier la qualité de ces aspects techniques pour un film, qui se penche sur un des chapitres les plus mouvementés de l'Histoire européenne, en dit long sur ses lacunes dans d'autres domaines ...
Avant d'être emporté vers la fin, presque malgré lui, dans le tourbillon des événements dramatiques qui allaient changer la face de l'Europe pour très longtemps, le scénario peine en effet à traduire avec entrain le réseau complexe des influences et des manigances qui se tissait à la cour de Henry VIII. Nulle trace des tourments moraux qui rendaient aussi fascinant Un homme pour l'éternité de Fred Zinnemann, qui abordait la même époque d'un point de vue moins mesquin. Et même les intrigues machiavéliques des deux soeurs s'enchaînent plus par nécessité dramatique, que par le feu égoïste et la passion historique qui auraient dû animer ces deux femmes complètement différentes, pour justifier leurs actes extrêmes.
Enfin, sans atteindre le style inutilement farfelu et visuellement alambiqué de Shekhar Kapur dans Elizabeth L'Âge d'or, Justin Chadwick fait partie de ces réalisateurs, qui ne savent jamais trop où positionner leur caméra. Sa narration manque clairement de personnalité et de force, pour faire de cette histoire, à la base passionnante, plus qu'un recueil superficiel d'ambitions et de sentiments éconduits.

Vu le 27 février 2008, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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