XXY
Réalisé par Lucia Puenzo (2007)
| Durée | 91 minutes |
| Sortie | 26/12/2007 |
| Note | 6/10 |
A 15 ans, Alex a encore plus de difficultés à affronter les problèmes auxquels les adolescents doivent faire face. Depuis sa naissance, ses parents ont en effet décidé de vivre à l'écart de la société, de quitter Buenos Aires pour la côté uruguayenne, pour la protéger d'un possible harcèlement et du regard des autres. Car Alex est née avec une condition génitale qui fait d'elle ni entièrement une femme, ni un homme. Le moment approche pour qu'elle décide de son avenir sexuel. C'est en tout cas l'avis de sa mère Suli, qui a invité un couple d'amis, dont un chirurgien qui est censé aborder cette question délicate avec Alex. Mais cette dernière s'intéresse davantage à Alvaro, le fils adolescent des invités.
La critique
Par Tootpadu 07/12/2007
L'état hermaphrodite du personnage principal est décrit ici à la fois comme une chance et une malédiction. De manière positive, parce qu'il permet à Alex et ses parents de s'interroger sur les genres et de s'inventer une identité en dehors des définitions sexuelles préétablies. Et de façon dramatique, voire tragique, parce qu'Alex sera toujours la victime de brimades et de discriminations humiliantes de la part d'une populace qui n'y voit qu'une monstruosité, au pouvoir d'excitation et de rejet sexuels étrange. L'impact émotionnel du film monte par ailleurs d'un cran, lorsqu'Alex se fait abuser par un groupe de jeunes, qui ne sont guère intéressés par un viol, aussi abjecte que cela puisse paraître, mais par la découverte de sa différence par rapport à la norme. Cette chasse animée par le voyeurisme le plus primitif nous rappelle des souvenirs filmiques tout aussi éprouvants dans Elephant Man de David Lynch, ou Boys Don't Cry de Kimberly Peirce.
Par la suite, cette histoire tout en mouvements de fuite et en difficultés de communication nous réserve d'autres séquences proprement déchirants, qui s'adressent à des rapports de filiation là encore conflictuels et remplis de désillusions. Lucia Puenzo finit ainsi tout en beauté son film, qui ne nous rappelle en fin de compte et fort heureusement son confrère chilien La Sagrada familia que par son décor de bord de mer sauvage et beau à la fois.
Vu le 7 décembre 2007, au Club Marbeuf, en VO