Black snake moan
Réalisé par Craig Brewer (2007)
| Durée | 115 minutes |
| Sortie | 30/05/2007 |
| Note | 6/10 |
Lazarus, un fermier noir et chrétien pratiquant, et Rae, une jeune femme facile qui couche avec le premier venu, ne pourraient pas être plus différents l'un de l'autre. Et pourtant, ils vivent tous les deux mal la séparation de leur conjoint : Lazarus, parce que sa femme Rose est partie vivre avec son frère, et Rae, à cause du départ au service militaire de son copain Ronnie. Après une nuit de dépit romantique, de drogues et d'alcool, Lazarus trouve Rae inconsciente dans la rue près de sa ferme. Il la recueille chez lui, la soigne et l'attache avec une chaîne en fer pour l'empêcher de se faire du mal en divaguant. Mais finalement, Lazarus voit en cette visite inopinée l'opportunité de remettre cette fille délurée sur le droit chemin.
La critique
Par Tootpadu 22/02/2009
A moins que le réalisateur ne se serve de ce fantasme machiste par excellence, tout comme du décor chargé en clichés du sud des Etats-Unis, pour mieux les détourner. En effet, Black snake moan joue habilement avec nos attentes et nos craintes, à la fois envers les chrétiens zélés et les nymphomanes, pour arriver progressivement à une conclusion à peu près optimiste. Dans ce contexte, les leçons de vie de Lazarus et du prêtre n'ont rien d'édifiant. Elles sont juste les manifestations d'une philosophie pragmatique sans excès, qui ne se fait guère d'illusions sur la nature humaine, mais qui ne se prive pas non plus des plaisirs de la vie. Alors certes, à la fin, le jeune couple ne brille point par sa solidité à toute épreuve, puisqu'il suffit de quelques camionneurs poussifs pour le dérouter. Mais la rencontre avec Lazarus a investi Rae et Ronnie d'une prise de responsabilité pour leur propre vie, qui ne relève pas de l'optimisme facile.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Craig Brewer a le talent de faire évoluer ses comédiens dans des sphères où on ne les attendait pas forcément. Après le tour de force de Terrence Howard dans son film précédent, voici des interprétations à contre-courant des préjugés avec lesquels on pourrait aisément décrire les parcours de Samuel L. Jackson, Christina Ricci et Justin Timberlake. Ces derniers ne s'encombrent pas plus des prétentions et des idées reçues que ce film, qui tire une morale tout en douceur d'une prémisse repoussante à première vue.
Vu le 22 février 2009, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO