Tête de turc
Réalisé par Pascal Elbé (2010)
| Durée | 88 minutes |
| Sortie | 31/03/2010 |
| Note | 5/10 |
Suite à l'intervention musclée de la police dans la cité pour arrêter une femme en possession de drogues, des jeunes incendient la voiture de Simon, un médecin urgentiste. Ce dernier ne s'en sort vivant que grâce à l'acte héroïque de Bora, un adolescent turc qui lui porte secours en le tirant du véhicule en feu. Avec Simon dans le coma et l'ambiance dans la cité qui s'embrase, le policier Atom, frère de la victime, n'a de cesse de chercher le coupable, tandis que la municipalité tente de calmer la situation en décernant une médaille à Bora. Mais le jeune homme ne veut pas de récompense pour une tragédie à l'origine de laquelle il se trouve. Alors que ses complices sont un par un incarcérés, Bora garde le silence.
La critique
Par Tootpadu 06/03/2010
L'aspect le plus pénible et artificiel de l'histoire est sans aucun doute l'action secondaire du personnage interprété par Simon Abkarian, un veuf suicidaire et ignorant de l'accident du médecin, qui tient celui-ci responsable pour la mort de sa femme. Tel une épée de Damoclès superflue qui balance au-dessus des bifurcations déjà suffisamment alambiquées de l'intrigue, sa vengeance s'abattra inévitablement pour fournir un point final forcé à un film, qui s'était mis à tourner dangereusement en rond depuis un certain temps. En effet, les tentatives successives de Bora de se dénoncer ou de s'enfuir ne contribuent nullement à la progression dramatique de Tête de turc. Si au moins la réalisation de Pascal Elbé ne se laissait pas influencer par l'état d'esprit généralement indécis de ses personnages. Mais malheureusement, l'ambiguïté morale et sociale du scénario ne permet pas à la narration de prendre à bras le corps le cas néanmoins intéressant de Bora.
En somme, Pascal Elbé est certes capable de réunir une distribution prestigieuse, parmi laquelle brillent notamment Ronit Elkabetz dans le rôle de la mère et, dans une moindre mesure, le jeune Samir Makhlouf dans celui de Bora. Il dispose également du courage artistique nécessaire pour s'attaquer au sujet brûlant et controversé de l'abolition du pacte social dans les cités. Mais formellement, son premier film est bien trop anémique et dépourvu d'une signature personnelle forte pour faire la différence dans un paysage cinématographique, qui n'a guère attendu l'arrivée d'un comédien bien intentionné pour tenir compte des tensions au sein du tissu multi-culturel que la France est depuis toujours.
Vu le 4 mars 2010, à la Salle Warner