Toits de Paris (Les)
Réalisé par Hiner Saleem (2007)
Drame
| Durée | 100 minutes |
| Sortie | 21/11/2007 |
| Note | 6/10 |
Le vieux monsieur Marcel habite seul une chambre de bonne dans un immeuble du nord parisien. Son quotidien est ryhtmé par les sorties à la piscine avec son ami et voisin Amar. Les deux hommes sont des habitués du café du coin, où la serveuse Thérèse prend particulièrement soin de Marcel. Un jour, Amar décide de rentrer au pays. En plus, la jeune Julie, une autre habitante du dernier étage, est évincée de sa chambre. Du coup, Marcel se retrouve pratiquement seul. Avec l'hiver qui arrive, la décrépitude commence.
La critique
Par Tootpadu 30/10/2007
Très peu de choses passent par la parole dans ce sixième film du réalisateur kurde Hiner Saleem. Ce qui n'est guère étonnant en vue de l'extrême parcimonie des répliques. La communication entre les personnages, tous relativement isolés, passe plutôt par des regards, des gestes ou des habitudes. A moins qu'elle ne s'établisse pas du tout, lorsque son absence devient un agent supplémentaire de la solitude.
Le regard que Hiner Saleem porte sur les gens en marge de la société à Paris est ainsi rempli de tendresse, mais le peu de dignité humaine qu'il laisse aux vieux ne suffit pas pour leur assurer une fin de vie paisible. Les symboles de la dépendance sont aussi simples que déchirants (la fenêtre). Ils en disent plus long sur le besoin de mieux intégrer la population du troisième âge que maintes discours politiques et autres lois bien intentionnées. Car ce qui fait défaut au vieux monsieur Marcel, outre la santé et la vigueur juvénile, ce sont des gens qui prennent réellement soin de lui, sans lui donner l'impression qu'il perd son autonomie. Le dernier plan de Thérèse qui arrive pour lui offrir un radiateur en hiver, tout comme elle achetait un ventilateur l'été au début du film, évoque ainsi astucieusement à quel point la perception du temps et de la précarité de la vie diffèrent, selon l'âge. De même, la dernière tentative de visite de Julie reflète une timidité, qui ne devrait plus être de mise lorsqu'il s'agit de personnes âgées et isolées.
La simplicité est reine dans la narration de ce drame touchant, voire déprimant. A une envolée d'aigle à la charge symbolique un peu trop appuyée près, la mise en scène procède par petites touches, au rythme du quotidien modeste de ses personnages. Ce sont également les choses simples auxquelles aspire monsieur Marcel et qui, lorsqu'il les trouve grâce au concours de son entourage, remplissent tant soit peu ses journées.
Pour la troisième fois cette année, après Loin d'elle et Avant que j'oublie, la vieillesse est désignée au cinéma comme une période de la vie misérable et triste; un épilogue à l'existence où tout s'en va, santé, amis, rapports sociaux, et où ne reste que l'attente plus ou moins lucide de la mort. Il faut espérer que ce genre de film beau, mais triste, ne devient pas la règle, avec le vieillissement inéluctable de la population à l'horizon.
Le regard que Hiner Saleem porte sur les gens en marge de la société à Paris est ainsi rempli de tendresse, mais le peu de dignité humaine qu'il laisse aux vieux ne suffit pas pour leur assurer une fin de vie paisible. Les symboles de la dépendance sont aussi simples que déchirants (la fenêtre). Ils en disent plus long sur le besoin de mieux intégrer la population du troisième âge que maintes discours politiques et autres lois bien intentionnées. Car ce qui fait défaut au vieux monsieur Marcel, outre la santé et la vigueur juvénile, ce sont des gens qui prennent réellement soin de lui, sans lui donner l'impression qu'il perd son autonomie. Le dernier plan de Thérèse qui arrive pour lui offrir un radiateur en hiver, tout comme elle achetait un ventilateur l'été au début du film, évoque ainsi astucieusement à quel point la perception du temps et de la précarité de la vie diffèrent, selon l'âge. De même, la dernière tentative de visite de Julie reflète une timidité, qui ne devrait plus être de mise lorsqu'il s'agit de personnes âgées et isolées.
La simplicité est reine dans la narration de ce drame touchant, voire déprimant. A une envolée d'aigle à la charge symbolique un peu trop appuyée près, la mise en scène procède par petites touches, au rythme du quotidien modeste de ses personnages. Ce sont également les choses simples auxquelles aspire monsieur Marcel et qui, lorsqu'il les trouve grâce au concours de son entourage, remplissent tant soit peu ses journées.
Pour la troisième fois cette année, après Loin d'elle et Avant que j'oublie, la vieillesse est désignée au cinéma comme une période de la vie misérable et triste; un épilogue à l'existence où tout s'en va, santé, amis, rapports sociaux, et où ne reste que l'attente plus ou moins lucide de la mort. Il faut espérer que ce genre de film beau, mais triste, ne devient pas la règle, avec le vieillissement inéluctable de la population à l'horizon.
Vu le 28 octobre 2007, au Club de l'Etoile
★★★★★★☆☆☆☆
6/10