Berkman se séparent (Les)
Réalisé par Noah Baumbach (2006)
| Durée | 81 minutes |
| Sortie | 12/07/2006 |
| Note | 6/10 |
Au milieu des années 1980, Bernard et Joan Berkman vivent avec leurs deux fils Walt et Frank à Brooklyn. Alors que Bernard ne rencontre plus le même succès en tant qu'écrivain qu'au début de sa carrière, son épouse commence à être publiée. Mais ce n'est pas la seule discorde familiale, et les parents décident finalement de se séparer, en maintenant une garde jointe des enfants. Trimballés jour après jour du père à la mère, les deux garçons perdent leurs repères juste au moment important où Walt sort pour la première fois avec une fille et où Frank découvre la sexualité.
La critique
Par Tootpadu 05/05/2006
Le malaise que dégage son film est avant tout dû à la description sans fard du désarroi psychologique dans lequel sont précipités les deux garçons. Les manifestations de leur souffrance mentale (le mensonge, les injures, l'évasion vers la sexualité et l'alcool) ne forment en effet qu'un aperçu presque embelli du désastre que représente le divorce des parents pour la plupart des enfants à cet âge-là. Toutefois, justement l'approche psychologique a parfois tendance à être un peu simpliste. Cela commence avec la polarisation des enfants, encore accentué vers la suite, et le point culminant de l'explication est atteint lors de la séance chez le psy qui déclenche le retournement final. Les traits un peu gros qui caractérisent chaque personnage nous donnent par contre aussi l'occasion de lire entre les lignes, afin d'apercevoir des êtres humains meurtris en dessous de l'apparence qu'ils veulent se donner.
Pour exprimer ce mal être permanent d'une façon crédible, Noah Baumbach a fait appel a des acteurs exceptionnels, surtout pour les rôles des deux garçons. Owen Kline, fils de Kevin, et Jesse Eisenberg portent le film avec bravoure sur leurs jeunes épaules. Ils laissent deviner à quel point leurs personnages ont du mal à se défaire du rapport de dépendance et de formatage qu'ils entretiennent respectivement avec la mère et le père. A côté, Jeff Daniels et Laura Linney perdent presque la face avec leurs portraits d'adultes qui ont cessé d'évoluer depuis longtemps. Et Anna Paquin devrait commencer à chercher des rôles un peu plus variés que cette répétition à peine maquillée de sa Mary D'Annunzio dans La 25ème heure.
Vu le 4 mai 2006, à la Salle Gaumont - Louis Feuillade, en VO