Une nouvelle ère glaciaire

Réalisé par Darielle Tillon (2010)

Drame
Une nouvelle ère glaciaire
Durée 105 minutes
Sortie 24/02/2010
Note 5/10

La fin de la saison estivale approche sur les plages normandes. Eric et David, deux frères qui s'occupent d'un bar, envisagent différemment la rentrée : tandis que David pense à partir à Cherbourg, Eric participe à un trafic de voitures. Lorsque son frère disparait sans laisser la moindre trace, David se met à sa recherche en Bulgarie.

La critique

Par Tootpadu 09/02/2010

La recherche d'un lien fraternel perdu est au coeur de ce premier film exigeant, mais pas toujours satisfaisant. Sa répartition en deux parties distinctes invite à une étude comparative entre ces deux mouvements, qui se complémentent plus qu'ils ne se complètent. L'éloignement d'Eric par rapport à David se ressent dans les deux cas. D'abord, par la distance que le frère aîné instaure envers son cadet, en le laissant dans le flou quant à ses projets futurs et ses fréquentations suspectes. Et puis, forcément, par sa disparition mystérieuse à Chiroky Dol, un village au moins aussi inhospitalier et méfiant que Black Rock dans Un homme est passé de John Sturges. L'absence de ce point de repère vital emmène David à chercher d'autres appuis, sans trop d'empressement. En effet, les rencontres à finalité sexuelle avec les filles Bouclette et Claire se démarquent par une passivité révélatrice.
Car si Une nouvelle ère glaciaire paraît si difficilement accessible, c'est à cause de la distance que la mise en scène approximative de Darielle Tillon instaure entre le spectateur et les personnages énigmatiques. Le secret demeure intact jusqu'à un certain point. Et même lorsque l'aboutissement tant redouté de la quête se profile, le ton à la fois mélancolique et méditatif persiste. Toutefois, il faut plus qu'une intrigue minimaliste et un rythme pondérant pour nous captiver réellement. C'est de ce point de vue-là que la réalisatrice rate le plus sensiblement son objectif esthétique et narratif : de nous absorber dans un monde filmique immobile et semé d'embûches, où les certitudes s'estompent l'une après l'autre.
La seule véritable révélation du film n'est ainsi pas le style trop lent de la réalisatrice, mais l'interprétation tout en retenue de Mélaine Lebreton. Bien que son personnage du frère égaré n'ait rien d'essentiel à faire, sauf s'interroger sur le sort d'Eric, c'est justement à travers cet état d'esprit dans l'appréhension et le doute que la sensibilité de ce jeune comédien non-professionnel s'affirme avec insistance. Puisque le cinéma français a toujours besoin de jeunes espoirs pour perpétuer sa grande tradition dramatique, en voici un qui risque de passer inaperçu, à cause de la nature plutôt confidentielle de ce film atypique, mais guère innovant.

Vu le 8 février 2010, à la Salle Pathé Lincoln

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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