Star Wars : The Mandalorian and Grogu

Star Wars : The Mandalorian and Grogu
Titre original:Star Wars : The Mandalorian and Grogu
Réalisateur:Jon Favreau
Sortie:Cinéma
Durée:132 minutes
Date:20 mai 2026
Note:
La chute du maléfique Empire Galactique a dispersé les seigneurs de guerre impériaux à travers la galaxie… Pour protéger tout ce pour quoi la Rébellion s’est battue, la toute jeune Nouvelle République décide de faire appel au légendaire chasseur de primes mandalorien Din Djarin et à son jeune apprenti Grogu…

Critique de Sabine

La saga Star Wars revient au cinéma, sept ans après le dernier film, L'Ascension de Skywalker en 2019, qui clôturait la saga Skywalker. Une nouvelle aventure commence avec le Mandalorian, redoutable chasseur de primes, et son fils, le mignon Baby Yoda, Grogu. L'enjeu est de taille pour la saga, avec ce passage du petit au grand écran. Le réalisateur Jon Favreau reste à la tête de ce film, accompagné par la même équipe en production, au scénario, SFX, VFX, à la musique... Le film peut être vu sans avoir visionné les trois saisons de la série The Mandalorian. 

Le film offre un scénario inédit. L'Empire n'existe plus, mais les seigneurs de guerre impériaux sèment toujours la terreur à travers la galaxie. La jeune Nouvelle République lutte pour protéger les acquis de la Rébellion. A la tête de cette résistance, la colonelle Ward, interprétée par Sigourney Weaver. Elle fait appel au légendaire chasseur de primes mandalorien Din Djarin, toujours incarné par Pedro Pascal, et son jeune apprenti, Grogu, qui possède la force. Sigourney Weaver apporte non seulement son talent, son charisme mais également l'imaginaire de la saga Alien. Pedro Pascal reprend son rôle créé dans la série. La force de ce personnage réside dans sa voix, son langage corporel puisqu'il joue la plupart du temps masqué. Une partie de cette interprétation réside dans le talent de Brendan Wayne, le petit-fils de John Wayne. Il incarne ce justicier masqué et lui donne cette présence, cette allure. A ses cotés, le cascadeur Lateef Crowder effectue les cascades et les combats plus compliqués. Jonny Croyne est fort crédible dans le rôle du méchant, Lord Janu. Martin Scorcese prête sa voix à un personnage animé, le singe.

Le scénario est centré sur la relation père-fils, l'apprentissage à la survie dans un milieu hostile, avec un développement émouvant au milieu du film. Mais il manque à l'histoire la puissance de la mythologie, un enjeu fort. Le scénario n'est pas à la hauteur de ce que j'attendais de la part de cette saga. La réussite d'un film tient souvent dans la crédibilité des méchants. Force est de constater que les Hutts sont particulièrement dégoutants, mais ils n'ont pas été créés pour bouger, pour des scènes de combat. Ces scènes ne fonctionnent pas. C'est dommage car les autres monstres, les créatures aquatiques, celles de l'arène, et leurs scènes de combats sont réussis. 

A l'image, l'univers Star Wars est là. En effet, le film repose sur le travail de technicien.nes imprégnés de l'histoire et du langage de la franchise, des pointures dans leur domaine. Cela tient également à la réalisation de Jon Favreau. Il a tenu à ancrer le film dans le réel, que cela soit pour les personnages, les combats, les décors. Les vaisseaux mythiques de la saga semblent patinés par le temps. Jon Favreau (Iron Man) combine avec succès les nouvelles technologies avec les techniques artisanales traditionnelles, marionnettistes, animatronics, animation image par image, qui permettent de retrouver l'univers de Star Wars. L'animatronic Grogu en est l'exemple parfait. Avec sa petite bouille, ses petits yeux et ses petits bruits, impossible de résister au charme de ce personnage, tout comme à celui des anzellans, ces petites créatures ridées aux grands yeux noirs. 

Le film s'ancre dans des décors réels, toujours pour susciter l'émotion. Le spectateur retrouve ses marques, des références, avec des décors enneigés, l'hyperespace. Chaque planète a son univers, le bord de mer pour la rébellion, la jungle pour les hutts, le désert rocailleux du Mandalorian. L'univers visuel de la planète Shakari est inspiré de Blade Runner. Tout comme la scène de combat dans un bar trouve sa source dans le mythique film coréen d'action A toute épreuve de John Woo. 

La musique de Ludwig Göransson (Oppenheimer, Sinners) emporte le film. Récompensé par deux Emmy Awards pour la musique de la série, il compose une multitude de thèmes pour les séquences du film, passant d'un solo de flute à bec, à un choeur de voix humaines, un orchestre symphonique, une fanfare, un morceau synthétique des années 80. Comme il a bénéficié d'un orchestre plus important, passant de 70 à une centaine de musiciens, d'un choeur de 64 chanteurs, la musique passe la barre du grand écran, par son ampleur et sa résonance. Malgré une réalisation à la hauteur de la saga, le film manque de dramaturgie et d'émotions. Dommage car les talents sont là. 

Star Wars : The Mandalorian and Grogu
Réalisé par Jon Favreau
Écrit par Jon Favreau, Dave Filoni, Noah Kloor
D'après les personnages de George Lucas
Produit par Kathleen Kennedy, Jon Favreau, Dave Filoni, Ian Bryce
Avec Pedro Pascal, Jeremy Allen White, Sigourney Weaver
Photographie : David Klein
Montage : Rachel Goodlett Katz, Dylan Firshein
Musique : Ludwig Göransson
Sociétés de production : Lucasfilm Ltd., Fairview Entertainment
Distribué par Walt Disney Studios Motion Pictures (États-Unis)
Date de sortie : 20 mai 2026 (France), 22 mai 2026 (États-Unis)
Durée : 132 minutes

Vu le 18 mai 2026 au Pathé Beaugrenelle, salle Dolby Cinéma

Note de Sabine:

Critique de Mulder

Après sept longues années d’absence des salles de cinéma, Star Wars fait enfin son retour sur grand écran avec Star Wars : The Mandalorian and Grogu, un projet qui incarne en quelque sorte toutes les contradictions qui entourent actuellement la franchise créée par George Lucas. À la fois suite de l’une des séries les plus réussies de Disney+ et tentative de réaffirmer Star Wars comme un événement cinématographique, le film réalisé par Jon Favreau oscille constamment entre deux identités : celle d’un blockbuster nostalgique conçu pour le spectacle IMAX et celle d’une aventure plus modeste et plus intime, centrée sur les personnages, héritée de la narration télévisuelle. Cette tension finit par devenir la véritable personnalité du film. Dès les premières instants, on perçoit une volonté indéniable de renouer avec l’esprit poussiéreux, inspiré du western et pulp de la trilogie originale. Les planètes crasseuses, les cantinas enfumées, les créatures extraterrestres bizarres, les armures usées et les rues néons trempées par la pluie semblent toutes profondément ancrées dans cette atmosphère tactile qui donnait vie aux premiers films Star Wars. Contrairement à de nombreux blockbusters récents de la franchise, obsédés par une perfection numérique stérile, ce film embrasse la texture, l’imperfection et l’atmosphère. Chaque couloir semble habité, chaque marché extraterrestre semble receler des décennies d’histoires invisibles, et pour la première fois depuis des années, la galaxie semble à nouveau véritablement immense, plutôt que réduite à une collection de couloirs en fond vert et de gestion de la mythologie d’entreprise.

Ce qui continue de faire fonctionner si bien cette branche de la franchise qu’est The Mandalorian, c’est sa simplicité. Alors que la saga Skywalker s’est souvent effondrée sous le poids des prophéties, des lignées et d’une exposition sans fin de l’univers, Jon Favreau a la sagesse de concentrer le cœur émotionnel presque entièrement sur le lien entre Din Djarin et Grogu. Cette relation reste le cœur battant du film et la principale raison pour laquelle le public s’investit émotionnellement dans ce qui est par ailleurs un récit de sauvetage et de poursuite assez simple. Pedro Pascal, bien qu’il passe la majeure partie du film caché derrière une armure en beskar et une voix modifiée électroniquement, parvient une fois de plus à insuffler de l’humanité à Din Djarin grâce à un langage corporel subtil et une interprétation vocale sobre. Le personnage continue d’incarner l’archétype du pistolero silencieux popularisé par Clint Eastwood, mais sous ce stoïcisme se cache un père de substitution profondément épuisé, terrifié à l’idée de décevoir l’enfant qu’il a adopté. Grogu, quant à lui, dépasse ici le simple statut de mascotte. Le film lui confère judicieusement une capacité d’action, une responsabilité émotionnelle, et va même jusqu’à le faire devenir, à certains moments, le personnage principal. Un fil émotionnel étonnamment tendre traverse tout le film, centré sur Grogu qui réalise peu à peu qu’un jour, il pourrait survivre à l’homme qui le protège, et bien que le scénario n’explore jamais pleinement les implications tragiques de cette idée, ce courant émotionnel sous-jacent persiste tranquillement sous le spectacle.

L’intrigue elle-même est intentionnellement simple, presque de manière agressive. Din Djarin travaille désormais aux côtés de la Nouvelle République pour traquer les vestiges de l’Empire déchu à travers la Bordure Extérieure. Une mission confiée par le colonel Ward, incarnée par Sigourney Weaver, l’envoie avec Grogu sauver Rotta le Hutt, doublé par Jeremy Allen White, le fils du tristement célèbre Jabba le Hutt. Rotta s’avère toutefois très éloigné de l’héritage criminel grotesque de son père. Réinventé en gladiateur réticent cherchant désespérément à échapper à l’ombre de sa famille, le personnage devient l’un des ajouts les plus étranges mais aussi les plus intéressants du film. L’idée d’un Hutt rejetant les attentes dynastiques reflète habilement la franchise elle-même, qui tente de s’éloigner de l’obsession sans fin pour les Skywalker. Malheureusement, le scénario de Jon Favreau, Dave Filoni et Noah Kloor peine souvent à approfondir ces idées au-delà de dialogues superficiels. Plusieurs conversations se répètent presque mot pour mot, et de nombreux personnages secondaires donnent moins l’impression d’être des personnalités à part entière que de simples vecteurs d’explications. C’est particulièrement frustrant avec Sigourney Weaver, dont la présence imposante à l’écran rehausse immédiatement chaque scène où elle apparaît, mais le film ne lui donne étonnamment pas grand-chose à faire à part assigner des missions et paraître déçue par les opérations de plus en plus chaotiques de Mando.

Là où le film réussit indéniablement, c’est dans la pure réalisation d’un film d’aventure. Star Wars : The Mandalorian and Grogu donne souvent l’impression d’être un hybride affectueux entre les vieux feuilletons de matinée, les westerns spaghetti, les aventures familiales d’Amblin et les films de monstres classiques. Un instant, Din Djarin se fraye un chemin à travers les vestiges de l’Empire au sommet de montagnes enneigées dans une séquence évoquant les films de James Bond vintage, et l’instant d’après, Grogu erre dans des marécages en se cachant de prédateurs monstrueux, comme s’il s’agissait d’un extrait d’une production de Steven Spielberg des années 80. Le film fait appel à la marionnette et à l’animatronique bien plus que beaucoup ne s’y attendaient, et ce choix confère au film un charme immense. Grogu reste l’une des créations pratiques les plus expressives du cinéma moderne, chaque inclinaison de tête, chaque clignement des yeux et chaque petit geste communiquant une émotion authentique. À une époque dominée par des acolytes en images de synthèse sans vie, sa présence physique devient l’un des plus grands atouts du film. Il y a même une séquence étonnamment délicieuse mettant en scène Grogu et un groupe d’Anzellans qui canalise l’énergie pure de Jim Henson et semble presque complètement déconnectée du cinéma à grand spectacle moderne.

Pourtant, le film n’est pas exempt de défauts majeurs. Malgré son ampleur cinématographique, il donne souvent véritablement l’impression d’être constitué de plusieurs épisodes d’une série télévisée assemblés en un seul long métrage. Le rythme peut devenir répétitif, les séquences d’action s’enchaînant parfois sans suffisamment d’intensification thématique ou émotionnelle pour justifier leur longueur. Certains spectateurs regretteront sans doute la grandeur lyrique traditionnellement associée au cinéma Star Wars. Les enjeux sont ici intentionnellement plus modestes et plus personnels, mais cette retenue signifie aussi que l’histoire manque parfois d’urgence. Il y a des moments où le film semble prêt à explorer des idées politiques fascinantes impliquant la Nouvelle République fracturée et l’influence impériale persistante, pour finalement les abandonner au profit d’une nouvelle attaque de monstre ou d’une scène de poursuite. Le scénario privilégie systématiquement le rythme à la complexité, ce qui rend le film divertissant mais parfois superficiel sur le plan émotionnel. Ironiquement, les scènes les plus fortes du film sont souvent les plus calmes : Grogu s'occupant d'un Din Djarin blessé, Mando regardant silencieusement son fils adoptif dormir près d'un feu de camp, ou ces petits moments où le chasseur de primes en armure tente maladroitement de se comporter comme un parent alors qu'il n'a manifestement aucune idée de ce qu'il fait.

Visuellement, Jon Favreau offre des images véritablement spectaculaires, même si le film est parfois victime de cette opacité numérique surtraitée qui afflige la production cinématographique moderne des franchises. Certaines séquences, en particulier l’arène de gladiateurs mettant en scène Rotta le Hutt et le troisième acte se déroulant dans les marais, regorgent de créatures au design inventif et d’une énergie chaotique qui rappellent merveilleusement la vieille école. La décision de privilégier autant que possible les effets pratiques confère au film une richesse tactile qui fait défaut à de nombreux blockbusters récents. En même temps, certaines scènes d’action souffrent d’un recours excessif aux environnements en images de synthèse qui aplatissent parfois la profondeur visuelle. Pourtant, même lorsque les effets deviennent envahissants, l’atmosphère du film reste suffisamment forte pour maintenir l’intérêt. Tout cela est complété par une nouvelle bande originale phénoménale de Ludwig Göransson, dont la musique mêle une fois de plus des motifs western, des expérimentations riches en synthés et l’héroïsme orchestral classique pour créer quelque chose qui semble intimement lié à l’identité de The Mandalorian plutôt que de simplement recycler la nostalgie de John Williams.

L’un des aspects les plus fascinants du film est la façon dont il prend consciemment ses distances par rapport à l’obsession de plus en plus épuisante pour la mythologie qui domine le discours autour de Star Wars depuis des décennies. Il y a bien sûr des clins d’œil, des caméos et des références pour les fans de longue date, mais contrairement à de nombreuses productions récentes, le film s’attarde rarement à vénérer sa propre continuité. Au contraire, il se concentre presque entièrement sur l’aventure, l’émotion et le rythme. Cela rend le film agréablement accessible, même pour un public qui n’a pas vu toutes les séries dérivées de Disney+. À bien des égards, The Mandalorian and Grogu ressemble au genre d’aventure de science-fiction et de fantasy autonome que Hollywood produisait régulièrement avant que toutes les franchises ne deviennent obsédées par la construction d’univers et la mise en place de suites. Le film comprend que toutes les histoires de Star Wars n’ont pas besoin de tourner autour d’un destin galactique ou de lignées héréditaires. Parfois, il suffit simplement de regarder un chasseur de primes fatigué et son enfant adoptif survivre à une situation dangereuse après l’autre tout en apprenant lentement ce que signifie la famille.

Star Wars : The Mandalorian and Grogu ne réinvente peut-être pas Star Wars, et ne justifie pas entièrement son passage de la télévision en streaming au grand écran, mais il réussit quelque chose de sans doute plus important à l’heure actuelle : rappeler au public pourquoi cet univers était si attachant au départ. Derrière les explosions, les monstres, les combats aériens et l’iconographie nostalgique se cache une histoire étonnamment sincère sur la solitude, la parentalité, la responsabilité et les liens affectifs. Le film peut parfois sembler brouillon, inégal et un peu léger sur le plan dramatique, mais il est aussi charmant, sincère et véritablement divertissant d’une manière que de nombreux films récents de la franchise ont oublié. À une époque où les superproductions confondent souvent ampleur et émotion, et mythe et narration, Jon Favreau nous offre une aventure Star Wars qui cherche simplement à divertir, amuser et, parfois, toucher le cœur. Cela peut sembler modeste pour l’une des plus grandes franchises du cinéma, mais après des années de mythologie gonflée et de spectacles controversés, la modestie est peut-être exactement ce dont cette galaxie lointaine, très lointaine, avait besoin.

Star Wars : The Mandalorian and Grogu
Réalisé par Jon Favreau
Écrit par Jon Favreau, Dave Filoni, Noah Kloor
D'après les personnages de George Lucas
Produit par Kathleen Kennedy, Jon Favreau, Dave Filoni, Ian Bryce
Avec Pedro Pascal, Jeremy Allen White, Sigourney Weaver
Photographie : David Klein
Montage : Rachel Goodlett Katz, Dylan Firshein
Musique : Ludwig Göransson
Sociétés de production : Lucasfilm Ltd., Fairview Entertainment
Distribué par Walt Disney Studios Motion Pictures (États-Unis)
Date de sortie : 20 mai 2026 (France), 22 mai 2026 (États-Unis)
Durée : 132 minutes

Vu le 20 mai 2026 au Gaumont Disney Village, Salle IMAX place B19

Note de Mulder: