
| Titre original: | Flash Gordon |
| Réalisateur: | Mike Hodges |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 114 minutes |
| Date: | 28 janvier 1981 |
| Note: |
Flash Gordon, réalisé par Mike Hodges est une adaptation vivante et audacieuse de la bande dessinée d'Alex Raymond des années 1930. Ce spectacle cinématographique, produit par Dino De Laurentiis, est un délicieux amalgame de kitsch et de grande aventure. Le parcours du film jusqu'à l'écran a été marqué par de nombreux changements créatifs, des réalisateurs comme Federico Fellini et Nicolas Roeg ayant d'abord été envisagés avant que Mike Hodges, connu pour le classique britannique Get Carter, ne prenne les rênes du film. Le scénario, conçu par Lorenzo Semple Jr, insuffle à la narration un humour autocentré et pince-sans-rire qui résonne avec les origines de la bande dessinée du film. Le charme de Flash Gordon réside dans le fait qu'il embrasse sans complexe ses racines comiques, ce qui en fait un classique culte bien-aimé.
Le récit de Flash Gordon est à la fois simple et captivant. L'histoire commence lorsque la Terre est attaquée par le tyrannique empereur Ming l'Impitoyable, interprété avec une malveillance délicieuse par Max von Sydow. Flash Gordon, interprété par Sam J. Jones, est un quarterback américain des New York Jets qui, avec la journaliste Dale Arden (Melody Anderson) et le scientifique fou Dr Hans Zarkov (Topol), est involontairement plongé dans une bataille intergalactique pour sauver la planète. L'intrigue du film est la quintessence du voyage du héros, où la bonté inhérente de Flash et ses prouesses athlétiques sont ses principaux atouts dans la lutte contre les menaces d'un autre monde posées par Ming. Le personnage de Flash incarne l'idéal américain de bravoure et d'ingéniosité, ce qui en fait un protagoniste attachant.
Ming l'Impitoyable est le méchant par excellence, dont la présence menaçante est rehaussée par l'interprétation magistrale de von Sydow. Les acteurs secondaires, dont Brian Blessed dans le rôle de l'exubérant prince Vultan et Timothy Dalton dans celui du suave prince Barin, ajoutent au charme éclectique du film. L'interprétation de Vultan par Blessed, avec sa phrase mémorable "Gordon est vivant ?", et celle de Barin par Dalton, très sophistiqué, confèrent au film un mélange d'humour et de gravité. L'interaction entre les personnages et les performances vibrantes contribuent de manière significative à l'attrait durable du film.
Sur le plan visuel, Flash Gordon est un véritable festin pour les yeux. La conception de la production par Danilo Donati est un hommage vibrant à la bande dessinée originale, avec des décors et des costumes exagérés qui donnent une impression de rétro-futurisme. L'utilisation du Technicolor et de décors de studio en 2D pour les planètes extraterrestres confère au film une esthétique à la fois nostalgique et surréaliste. Chaque image est imprégnée de couleurs vives, créant une expérience visuelle psychédélique qui reflète la portée imaginative de la bande dessinée. Ce style visuel distinct distingue Flash Gordon des autres films de science-fiction de son époque, offrant une expérience visuelle unique, à la fois nostalgique et fraîche.
La bande originale du film, composée par le légendaire groupe de rock Queen, est un autre élément marquant. La musique opératique et énergique complète parfaitement l'action et le drame du film, élevant les scènes à des proportions épiques. Le thème principal, avec son refrain emblématique "Flash ! Ah-ah, sauveur de l'univers !", est devenu une référence culturelle, synonyme de l'esprit exubérant du film. La musique de Queen insuffle au film une énergie dynamique qui met en valeur ses éléments narratifs et visuels, faisant de la bande originale une partie intégrante de l'héritage de Flash Gordon.
Sur le plan thématique, Flash Gordon explore les motifs classiques du bien contre le mal, de la liberté contre la tyrannie et de l'innocence contre la corruption. Le parcours de Flash, d'humain ordinaire à héros galactique, reflète l'archétype du parcours du héros, souligné par les thèmes de l'unité et de la résistance à l'oppression. L'humour conscient du film le distingue des autres aventures de science-fiction, embrassant son absurdité avec une approche ludique, presque parodique. Cela est évident dans les performances exagérées, les dialogues fantaisistes et les scénarios ouvertement théâtraux, qui ajoutent des couches d'humour et d'ironie au récit.
À sa sortie, Flash Gordon a reçu des critiques mitigées, en particulier aux États-Unis, où son ton ironique s'est heurté aux goûts contemporains. En revanche, le film a trouvé un écho plus immédiat et plus durable au Royaume-Uni, où il a trouvé un écho dans l'amour de la nation pour la pantomime et l'humour conscient de soi. Au fil des décennies, le film s'est attiré les faveurs d'une base de fans dévoués, qui célèbrent son charme farfelu et sa narration exubérante. L'influence de Flash Gordon est évidente dans divers aspects de la culture pop moderne, qu'il s'agisse du montage d'ouverture des bandes dessinées qui a inspiré la séquence d'ouverture caractéristique des films Marvel ou du mélange d'esthétique rétro et de mises à jour contemporaines.
L'héritage durable de Flash Gordon témoigne de son mélange unique de comédie, d'humour et de grande aventure. Si l'accueil initial a été mitigé, la popularité et l'impact culturel durables du film soulignent son charme et sa créativité. Flash Gordon est une expérience cinématographique qui embrasse l'outrage et se délecte de sa propre absurdité, ce qui donne un film aussi divertissant que distinctif. Que les spectateurs rient avec ou contre lui, Flash Gordon reste un classique bien-aimé, offrant un voyage vibrant et joyeux à travers le cosmos. Son mélange d'humour potache, d'images audacieuses et de musique épique crée une tapisserie cinématographique qui continue de captiver le public, lui assurant une place de choix parmi les classiques intemporels et cultes.
Flash Gordon
Réalisé par Mike Hodges
Écrit par Lorenzo Semple Jr.
Adaptation par Michael Allin
D'après les personnages d'Alex Raymond
Produit par Dino De Laurentiis
Avec Sam J. Jones, Melody Anderson, Ornella Muti, Max von Sydow, Topol, Timothy Dalton, Mariangela Melato, Brian Blessed, Peter Wyngarde, Peter Duncan
Directeur de la photographie : Gilbert Taylor
Montage : Malcolm Cooke
Musique : Queen, Howard Blake
Sociétés de production : Starling Productions, Famous Films
Distribué par Universal Pictures (Etats-Unis, France)
Dates de sortie : 5 décembre 1980 (Etats-Unis), 28 janvier 1981 (France)
Durée du film : 114 minutes
Revu le 23 juin 2024
Note de Mulder: