Chaîne (La)
Réalisé par Stanley Kramer (1958)
Drame
| Durée | 97 minutes |
| Sortie | 31/12/1958 |
| Note | 6/10 |
Lors d'un accident du camion qui les transporte, deux prisonniers réussissent à s'échapper. La fuite des deux hommes, liés par une chaîne est rendue encore plus difficile par les tensions raciales qui grondent sous cette alliance de fortune.
La critique
Par Tootpadu 20/07/2010
Exemplaire d'un cinéma de qualité, conscient des enjeux sociaux de son temps, ce drame de deux fugitifs peine surtout à convaincre dans le genre de base auquel il est censé appartenir, à savoir la traque à l'homme, pleine de poursuites et d'un rythme haletant. Dans ce sens, il se positionne très loin du Fugitive, par exemple, qui pour sa part ne vise point d'objectifs aussi nobles que ce film-ci, mais qui ne laisse échapper à aucun instant sa tension intérieure. En guise de comparaison, les deux prisonniers dans le cas présent semblent plutôt prendre une ballade accélerée, tout en philosophant sur leur statut social, que de se livrer une course contre la montre avec les forces de l'ordre à leurs trousses.
Quant au portrait de celles-ci, il est désagréablement mou, à commencer par la blague recurrente, sans intérêt, du policier amateur qui n'arrête pas d'écouter les dernières chansons à la radio. De même, le maître de chien attaché à ses bêtes de façon ridicule et le gendarme autoritaire ne dégagent pas non plus la moindre menace, jusqu'à enlever à leur chasse tout sérieux. Seul le shérif plus modéré revèle une certaine humanité, en quelque sorte un précurseur du personnage de Harvey Keitel dans Thelma & Louise, mais cette sensibilité, à défaut d'être de la sympathie pour les deux évadés, finit par décridibiliser entièrement les efforts de la police.
Les autres personnages ne se portent pas tellement mieux, que ce soient les habitants du village, des ploucs accomplis aux envies de lynchage marquées, ou bien la femme seule calculatrice, aux aspirations légitimes et égoïstes. Au moins, Cara Williams confère à ce rôle une certaine personnalité vibrante, effrayée par le manque de perspectives de son existence.
Non, si le film ne s'enlise pas sous la surcharge de ses bonnes intentions, c'est grâce aux deux interprètes principaux et, accessoirement, à une photo de toute beauté. Sidney Poitier convainc complètement comme un homme bien moins soigné et poli que d'habitude, furieux et lucide à la fois par rapport aux contraintes sociales qui règnent sur sa vie. Et Tony Curtis prouve pour la première fois son talent dramatique, au lieu d'être juste un jeune premier. Hélas, ses occasions de briller seront très rares par la suite, notamment dans L'Etrangleur de Boston.
En somme, un film bien trop sobre pour passionner, qui porte témoignage des enjeux sociaux de l'époque sans toujours éviter un recours trop facile aux clichés.
Quant au portrait de celles-ci, il est désagréablement mou, à commencer par la blague recurrente, sans intérêt, du policier amateur qui n'arrête pas d'écouter les dernières chansons à la radio. De même, le maître de chien attaché à ses bêtes de façon ridicule et le gendarme autoritaire ne dégagent pas non plus la moindre menace, jusqu'à enlever à leur chasse tout sérieux. Seul le shérif plus modéré revèle une certaine humanité, en quelque sorte un précurseur du personnage de Harvey Keitel dans Thelma & Louise, mais cette sensibilité, à défaut d'être de la sympathie pour les deux évadés, finit par décridibiliser entièrement les efforts de la police.
Les autres personnages ne se portent pas tellement mieux, que ce soient les habitants du village, des ploucs accomplis aux envies de lynchage marquées, ou bien la femme seule calculatrice, aux aspirations légitimes et égoïstes. Au moins, Cara Williams confère à ce rôle une certaine personnalité vibrante, effrayée par le manque de perspectives de son existence.
Non, si le film ne s'enlise pas sous la surcharge de ses bonnes intentions, c'est grâce aux deux interprètes principaux et, accessoirement, à une photo de toute beauté. Sidney Poitier convainc complètement comme un homme bien moins soigné et poli que d'habitude, furieux et lucide à la fois par rapport aux contraintes sociales qui règnent sur sa vie. Et Tony Curtis prouve pour la première fois son talent dramatique, au lieu d'être juste un jeune premier. Hélas, ses occasions de briller seront très rares par la suite, notamment dans L'Etrangleur de Boston.
En somme, un film bien trop sobre pour passionner, qui porte témoignage des enjeux sociaux de l'époque sans toujours éviter un recours trop facile aux clichés.
Revu le 19 avril 2004, en DVD, en VO
Revu le 20 juillet 2010, en DVD, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10