Nous trois

Réalisé par Renaud Bertrand (2010)

Drame
Nous trois
Durée 90 minutes
Sortie 17/03/2010
Note 5/10

En 1972, Sébastien a six ans. Au début de l'année scolaire, un jeune couple emménage dans le pavillon à côté de la maison de ses parents. Les nouveaux voisins adoptent le garçon sur le champ, aussi parce qu'il voit en Philippe l'homme idéal qui irait bien plus avec sa mère Marie que son père, un inventeur étourdi et distant. Le fantasme de Sébastien se transforme un peu trop vite en réalité, puisque Philippe et Marie commencent une relation romantique. Leur liaison tortueuse fait douter Sébastien de son rêve du couple royal anglais, qui représente pour lui la véritable identité de sa mère chérie.

La critique

Par Tootpadu 07/03/2010

L'adultère, surtout vu à travers les yeux d'un enfant, n'est pas une mince affaire. Dans son deuxième film, après Les Irréductibles, Renaud Bertrand tente de faire subir à ce sujet épineux un traitement mi-tragique, mi-onirique, avec un succès au moins aussi mitigé. Le mélange hétéroclite entre un look très rétro des années 1970 principalement véhiculé par les costumes et les décors, les rêves royalistes de Sébastien, ainsi que les coups durs du destin qui sont censés préparer de force le jeune protagoniste à l'âge adulte, ne produit pas une unité filmique assez cousue pour faire sortir Nous trois du lot de films français semblables, et en fin de compte interchangeables.
Ce n'est par conséquent pas que la présence de Jacques Gamblin qui apparente le ton de ce film à celui du Premier jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon, une autre saga familiale qui avait voulu alterner le comique et le tragique, l'anecdotique et l'universel. Notre constat final, forcément personnel, est essentiellement le même, à savoir un film d'une grande banalité, qui se veut attachant et accessible, mais qui ne fait aucunement avancer le schmilblick.
Le point de vue subjectif de Sébastien reste largement lettre morte, puisque le personnage principal, inoffensif et distant, participe surtout en tant qu'observateur à l'action. Il est le témoin d'abord consentant, ensuite préoccupé, de l'aventure extra-conjugale de sa mère, sans que cette connivence n'alterne sérieusement le déroulement de l'intrigue. Faute de point d'appui émotionnel solide, nous assistons donc dans une indifférence généralisée à la succession de revirements tragiques qui met le quotidien autrefois idyllique de Sébastien sens dessus-dessous.

Vu le 22 février 2010, à la Salle Pathé Lincoln

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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