Assassin's Creed
Réalisé par Justin Kurzel (2016)
| Durée | 116 minutes |
| Sortie | 21/12/2016 |
| Note | 4/10 |
Grâce à une technologie révolutionnaire qui libère la mémoire génétique, Callum Lynch revit les aventures de son ancêtre Aguilar, dans l’Espagne du XVe siècle. Alors que Callum découvre qu’il est issu d’une mystérieuse société secrète, les Assassins, il va assimiler les compétences dont il aura besoin pour affronter, dans le temps présent, une autre redoutable organisation : l’Ordre des Templiers.
La critique
Par Mulder 30/12/2016
Avant de devenir un des films les plus attendus de cette année, Assassin’s Creed est d’abord une saga ludique de jeux vidéo lancée en 2007 développée et éditée par Ubisoft sur de nombreuses consoles (Xbox 360, Playstation3, Xbox One, Playstation 4 et Wii U) mais aussi sur consoles portables, téléphones portables et ordinateurs PC. Un tel univers aussi immense que varié aurait pu servir de base solide pour donner vie à un film ambitieux et surtout fait pour les nombreux passionnés de cet univers.
Le principe du jeu selon lequel l’Animus, une machine à la pointe de la technologique peut permettre à une personne de prendre le contrôle de l’un de ses ancêtres et ainsi intervenir sur le cours de l’histoire est certes présent dans le film mais mal utilisé. Le film rappelle par certains côtés l’univers de Matrix et les nombreux jeux vidéo qui permettaient aux joueurs de s’immerger dans des univers vastes et nombreux. Le film de Justin Kurzel (MacBeth (2015)) sur un scénario d’Adam Cooper, Bill Collage et Michael Lesslie se veut à la fois fidèle à la trame des jeux vidéo relatifs à cet univers mais aussi tente de proposer une toute nouvelle aventure. Malheureusement autant le film débute de manière convaincante autant il semble réellement à partir de la moitié de l’histoire à court d’idées pour tenir en suspense les spectateurs. Le résultat final ainsi proposé est totalement décevant malgré une approche intéressante, des effets spéciaux utilisés avec parcimonie et surtout un casting original.
De nombreux films avant Assassin’s creed ont tenté de donner vie à des jeux vidéo malheureusement comme c’est le cas ici, le résultat n’ est guère probant. On pourrait rapprocher ainsi ce film par son univers à celui de Mike Newell Prince of Persia : Les sables du temps (2010), Lara Croft : Tomb Raider (2001) voire le très décevant Hitman : Agent 47 (2015) (déjà distribué par Twentieth Century Fox). Si le scénario avait été aussi bien travaillé que le vaste abattage médiatique à coup de trop nombreuses bandes annonces et extraits du film, le résultat aurait pu donner vie à des fondations solides pour une nouvelle saga, malheureusement il n’en est rien ici.
Pourtant également, Assassin’s creed aurait pu avec un casting aussi intéressant s’imposer comme l’un des films du mois mais il faut reconnaitre que la qualité est loin d’être égale au mythique retour de Star Wars avec Rogue One A Star Wars Story. Malgré la présence de comédiens que nous apprécions comme Michael Fassbender (dans le rôle titre de Cal Lynch/Aguilar de Nerha), Marion Cotillard (Sofia), Jeremy Irons (Rikkin), Brendan Gleeson (Joseph Lynch), Charlotte Rampling (Ellen Kaye), Michael K. Williams (Moussa), Denis Ménochet (McGowan), Ariane Labed (Maria), le film s’impose comme une des plus grandes déceptions de cette année 2016.
En faisant s’aligner un monde futuriste dans lequel le personnage Callum Lynch est condamné à mort par injection mortelle et le passé d’un de ses ancêtres le film n’arrive à aucun moment à trouver son rythme. Vraiment dommage que le scénario pêche par manque d’audace car le soin apporté aux costumes aurait pu permettre à ce film de lancer de manière convaincante une nouvelle saga. On ne saura trop conseiller aux joueurs de retourner à leur console next gen plutôt que de perdre leur temps devant de telles futilités. Au vu de la fin ouverte de ce film, on espère que la suite bénéficiera d’un meilleur traitement non seulement du point de vue du scénario mais surtout de la réalisation qui ici ne convainc à aucun moment.
Vu le 20 décembre 2016 au Champs Elysées, Salle 01, en VF