Un vrai faussaire

Réalisé par Jean-Luc Leon (2016)

Documentaire
Un vrai faussaire
Durée 90 minutes
Sortie 02/03/2016
Note 7/10

Peintre de talent et voyou, Guy Ribes, 65 ans, est le plus prolifique des faussaires Français recensés à ce jour ayant inondé le marché de l’art pendant 30 ans. En 2005, la police a saisi plus d’une centaine de ses « faux » et en 2010 le Tribunal de Créteil l’a condamné à trois ans de prison, dont un an ferme. Guy Ribes n’a jamais rien copié. Ses Picasso, ses Matisse, ses Chagall, et autres Léger ont l’apparence trompeuse du « vrai » et égalent leurs inspirateurs. Mais combien de faux de sa main, authentifiés par des experts, vivent encore aux murs des collectionneurs, des galeries ou des musées ? Et dans les pages de catalogues raisonnés ? Guy Ribes nous livre les secrets de fabrication de ses «balourds » contant, avec une gouaille de marlou, une vie de flambe, de plaisir et d’arnaques. La dernière, celle qui l’a fait tomber, sort tout droit d’une série noire. On y croise une veuve bidon, de faux héritiers, un « pigeon » Suisse collectionneur et des marchands sans scrupules. Le policier qui l’a arrêté, le procureur, l’expert judiciaire et un collectionneur floué révèlent les autres facettes de ce personnage incroyable..

La critique

Par Mulder 12/11/2016

Le nouveau documentaire de Jean-Luc Leon (Un marchand, des artistes et des collectionneurs (1995)) lui permet de continuer à partager sa passion pour l’art et surtout de livrer le portrait d’un faussaire. On découvre ainsi ce personnage pittoresque Guy Ribes qui est considéré comme l’un des plus prolifiques des faussaires Français recensés à ce jour. Sur plus de trente ans, il a fabriqué avec un talent indéniable une multitude de faux tableaux revendus comme étant des vrais. Après une condamnation de trois ans dont un an ferme, Guy Ribes se livre totalement dans ce documentaire passionnant.

Le réalisateur trouve ainsi le bon angle pour aborder le monde de l’art et par une succession d’interviews nous permet de mieux comprendre les nombreuses imperfections du marché de l’art. En cela un vrai faussaire par sa durée assez courte est suffisamment construit pour retenir pendant toute sa durée notre attention. Certes Guy Ribes est un escroc, un faussaire mais derrière ces descriptifs se cachent également un véritable talent qui a su parfaitement saisir l’âme de grands peintres pour livrer de multitudes de tableaux d’inspirations ou de recréations d’œuvres reconnues et appréciées.

Ce documentaire Un vrai faussaire met judicieusement également en avant le fait qu'il existe deux types de faussaires, les copistes reproduisant des tableaux à l’identique et les peintres comme Guy Ribes qui crééent des œuvres d’inspiration de grands peintres. Certes tous les propos de ce faussaire ne sont pas à prendre pour argent comptant mais il est impossible de ne pas voir en lui un peintre qui aurait pu devenir célèbre si il avait pu créer sa propre patte et assimiler ce qui a fait le succès de grands peintres illustres. Par un savant mélange de différents points de vue (un collectionneur floué, les proches de ce faussaire, un procure), le réalisateur nous livre un portrait sans concession d’un artiste intéressant qui aurait pu en étant mieux encadré et en ayant été élevé dans un autre milieu social devenir un historien ou un peintre.

Un vrai faussaire est documentaire comme on aimerait en voir plus souvent, passionnant, instructif et original. Sa sortie en DVD en décembre prochain pourrait être ainsi une idée de cadeau original pour tout amateur d’art et cinéaste de documentaires en herbe.

Vu le 11 novembre 2016 en DVD

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

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