Papa was not a Rolling Stone
Réalisé par Sylvie Ohayon (2014)
Comédie Dramatique
| Durée | 99 minutes |
| Sortie | 08/10/2014 |
| Note | 7/10 |
Dans les années 80, Stéphanie grandit à La Courneuve auprès d’une mère absente et d’un beau-père brutal. Très vite, elle décide de se sortir de son quotidien morose. Grâce à l’amour de sa grand-mère, à ses lectures, sa passion pour la danse et pour Jean-Jacques Goldman, elle se débat dans cette cité colorée où l’amitié est primordiale. Un jour, elle le sait, Stéphanie quittera la cité pour mener la vie dont elle a toujours rêvé. Le film raconte l'histoire de cet envol. Un film inspiré du livre autobiographique de la réalisatrice
La critique
Par Mulder 05/10/2014
Réaliser un premier film est de plus en plus difficile et déterminant pour de jeunes réalisateurs. Il leur faut non seulement trouver des producteurs mais surtout un concept novateur ou permettant une identification instantanée avec un public. En adaptant son premier roman et ayant obtenu le prix de la Closerie des Lilas en 2011 elle réussit à y injecter un regard réaliste sur la ville de La Courneuve. C’est dans cette ville que la réalisatrice a grandi et y place le cadre de son premier film qu’elle a également co-scénarisé avec Sylvie Verheyde (Stella (2008), Confession d'un enfant du siècle (2012)).
La banlieue a souvent été le cadre de film constat sur notre société actuelle. Des films comme La Haine de Mathieu Kassovitz (1995), Ma 6-T va cracker de Jean-François Richet (1997) ou plus récemment La Cité rose de Julien Abraham (2013) nous montrait ce microcosme refermé sur lui-même où émerge de véritables talents prêts à changer de vie et à réussir. Le personnage interprété par la jeune comédienne Doria Achour (La Fille Publique (2012) nous renvoie aux années 80 dans cette ville de La Courneuve. Lycéenne très bonne élève, elle tient à sortir de cette banlieue en travaillant dur et en vivant sa passion pour la danse et son chanteur préféré Jean-Jacques Goldman. Ce très beau portrait nous renvoie donc à notre passé et à une étude sociale très enrichissante et très réaliste. On ne doute pas un seul instant que ce film repose sur une démarche autobiographique de la réalisatrice. Dès son premier film elle témoigne non seulement d’un soin du détail pour nous faire revivre une période que nous connaissons très bien et surtout nous présenter une banlieue avec un regard sensible et attachant.
Loin de ces comédies dramatiques aseptisées cherchant à plaire au plus grand nombre, Papa was not a rolling stones est un premier film réussi et parfaitement interprété par des comédiens aguerris (Sylvie Testud, Marc Lavoine, Aure Atika) et surtout deux jeunes comédiennes à suivre de près (Doria Achour et Soumaye Bocoum). Ce casting maîtrisé donne à ce film une tonalité harmonieuse et dresse un constat réaliste et non caricatural de ce milieu défavorisé d’une cité en proie aux trafics multiples et à des conditions de vie difficile. Telle une orchidée émergeant d’un désert, le personnage de Stéphanie représente à elle seule une génération entière de jeunes étudiants prêts à travailler dur pour échapper à ces ghettos dans lesquels ils ont grandi.
Enfin, un des moments forts du film est la reprise en guitare-voix de Jean-Jacques Goldman de son titre Envole moi très symbolique de ces années 80. Non seulement ce film nous divertit intelligemment mais nous permet de découvrir une jeune réalisatrice à suivre de près.
Vu le 23 septembre 2014, à la Salle Pathé Lamennais
★★★★★★★☆☆☆
7/10