
| Titre original: | Angel-a |
| Réalisateur: | Luc Besson |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 90 minutes |
| Date: | 21 décembre 2005 |
| Note: | |
André se complaît de vivre dans le mensonge, avec sa nationalité américaine gagnée à la loterie et ses affaires dans différents pays étrangers. En réalité, il est un raté qui doit des sommes énormes à toute la pègre parisienne. La rencontre avec Angela, au moment le plus sombre de son existence, lui redonnera pourtant confiance.
Critique de Tootpadu
La place de Luc Besson dans le paysage cinématographique en France est celle d'un indépendant sans compromis, d'un touche-à-tout qui ressemble le plus à l'équivalent européen de George Lucas. Et pourtant, à coups de scénarios opportunistes, de productions purement commerciales et - encore l'activité la plus louable -, d'une politique de distribution résolument éclectique, on aurait pu oublier que l'origine du succès de notre prodige national reste la mise en scène. Même si les chiffres mettent en question ce fait, puisque Besson a produit à ce jour plus de 60 films, et qu'il a écrit à peu près 25, contre seulement une dizaine de réalisations, le travail du cinéaste est surtout intéressant lorsqu'il s'occupe de la mise en scène. Les noms de Subway, Le Grand bleu ou Léon véhiculent en effet un bagage cinématographique et culturel bien plus imposant que tous les Taxis et Transporteurs réunis. Mais après plus de six ans d'inactivité dans le domaine, cet auteur populaire, personnel et surtout controversé, a-t-il encore de quoi nous transporter dans son univers particulier ?
La tentation de rapprocher ce conte en noir & blanc au film d'un autre réalisateur français attaché au style superficiel (Patrice Leconte et sa Fille sur le pont) s'avère finalement vaine, puisque Besson est allé chercher son inspiration dans un endroit bien plus improbable. Par sa création d'un espace urbain beau et froid et par sa thématique céleste, son film fait plutôt penser à l'oeuvre de Wim Wenders des années 1970 en général et aux Ailes du désir, évidemment, en particulier. Cependant, cette influence se limite clairement à l'aspect visuel, puisque les préoccupations de Besson ne s'accordent point avec la poésie grave de son confrère allemand. Alors que ses images très stylisées d'un Paris ensoleillé et matinal se retrouvent dans une position presque désagréablement délicate, entre des clichés pour touristes et un point de vue révélateur sur les dessous de la ville (un peu à la façon des motifs surprenants à l'époque, de Subway), ce cadre d'une beauté peut-être trop affichée convient finalement assez mal à l'histoire féerique.
Le discours de Besson sur l'apprentissage et l'acceptation de soi-même, sur fond d'une rencontre improbable et très vite pesante, est ainsi definitivement poussé du côté de l'artifice et de la prétention boursouflée. Quitte à vouloir devenir le Frank Capra français, avec cette référence nette à La Vie est belle, Besson aurait mieux fait de museler son style emphatique. Car dans un cadre aussi léché, les répliques prétendument profondes et le drame existentiel de ce petit minable ne trouvent que très rarement le ton juste. Au mieux, nous avons donc droit à un cadeau de Noël empoisonné par la grandiloquence (la scène finale) et par une conception naïvement édulcorée de la vie.
Vu le 3 janvier 2006, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 11
Note de Tootpadu:
Critique de Mulder
Besson est de loin un des réalisateurs français que je préfère. Certes, je ne dirais pas autant de ses productions via sa maison de production Europacorp qui produit des séries B assez médiocres à la tonne, à quelques exceptions près (comme ce fut le cas des bons petits films, par exemple 3 enterrements et Le transporteur 2). Cependant ce film ne restera pas dans nos mémoires comme l'un de ses meilleurs films, plutôt comme le moins réussi. Autant Subway, Le Grand Bleu, Léon étaient des films coup de poing qui nous faisaient aimer son cinéma, autant ce film ne mérite guère notre attention...
L'histoire est la plus simple du monde, un Français qui a gagné sa green card (et est donc américain :-)) ayant trop de dettes à régler, préfère sauter d'un pont pour se suicider. Or, en sautant de ce pont, il va rencontrer Angel, une sublime femme qui va l'aider à s'en sortir en mettant en avant ses atouts et aussi à apprécier ses défauts (le héros se sait pas beau, il doute de son potentiel..). Ainsi, pendant 1h20 le personnage interprété par Jamel (ici en assez bonne forme et aussi retenu) va traverser pas mal de ponts à Paris, régler ses comptes avec son passé avant de se tourner vers son avenir et rencontrer la femme de sa vie.
L'histoire est ainsi sans réelle surprise mais se laisse regarder et réussit à nous attendrir par moments. A cela rajouter que la superbe Rie Rasmussen est comme dans tous les films de Besson une femme au très fort caractère et qui a une très grande importance dans cette petite histoire. Pourtant, le film n'est pas totalement réussi...
En effet, Luc Besson réussit à enlaidir notre superbe capitale et surtout l'usage du noir et blanc autant était un atout de plus dans le superbe film de Frank Capra, La Vie est belle, autant ici, on suppute que c'est uniquement pour des raisons d'économies et pour se donner un style que ce film est en noir et blanc. Par ailleurs, ce film aurait gagné de sa valeur en évitant le stupide happy end et en ayant quelques rebondissements, car pendant ces 1h 20, on ne sera guère étonné et on ne fera que suivre cette histoire mollement.
Film à voir au cinéma si vous avez un pass illimité ou à louer en DVD ou à voir sur canal + dans 6 mois.
Vu récemment au Gaumont de Disney VillageNote de Mulder: