Bonsaï
Réalisé par Cristian Jimenez (2011)
Comédie Dramatique
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 09/11/2011 |
| Note | 6/10 |
L’ancien étudiant en littérature Julio rencontre l’écrivain Gazmuri, dont il est censé transcrire le dernier manuscrit. Même si ce travail alimentaire lui échappe à la dernière minute, Julio prétend pour impressionner sa voisine et copine de circonstance Blanca qu’il l’ait décroché. Dès lors, il s’inspire d’une histoire d’amour qu’il a vécue huit ans plus tôt avec Emilia, une camarade de classe, pour coucher sur papier le roman imaginaire de Gazmuri.
La critique
Par Tootpadu 07/11/2011
A la fin de ce film chilien, le personnage principal féminin sera mort, alors que son pendant masculin sera en vie. N’ayez pas peur, nous ne sommes nullement revenus sur une de nos règles d’or de révéler le moins de revirements possibles qui influent d’une manière cruciale sur le fil d’une intrigue cinématographique. Nous reproduisons simplement les toutes premières répliques en voix off du deuxième film de Cristian Jimenez, après Ilusiones opticas sorti l’année dernière, qui ne fait décidément rien comme tout le monde. Après avoir désamorcé avec ce coup de tonnerre, proféré sans le moindre état d’âme, les enjeux classiques du drame, le récit peut en effet s’adonner en toute liberté à conter une histoire douce-amère, dont la désinvolture narrative rappelle par certains aspects un autre exemple récent de la vivacité du cinéma sud-américain, Medianeras de l’Argentin Gustavo Taretto.
Comme le dit si bien la suite du monologue d’introduction, tout ce qui se passe entre ce point de départ lourd de prémonitions et sa conclusion courue d’avance relève de la fiction. L’alternance sous forme de chapitres entre les deux époques marquantes dans la vie de Julio ne prend en effet pas la réalité tristounette et banale comme repère, mais plutôt un état d’esprit caustique, qui confère un côté décalé à l’existence de cet homme ridicule. L’imposture du roman n’est que la pointe de l’iceberg de la philosophie de vie d’un individu, qui fait semblant sans méchanceté, mais qui n’arrive pas à se faire comprendre pour autant. Son périple s’apparente ainsi à une suite d’occasions manquées, qui n’ont pas forcément permis à Julio de s’assagir, mais qui servent de fondement à une série plutôt jubilatoire de situations incongrues.
Enfin, la mise en scène sait rester assez concrète dans son approche d’une intrigue, qui se serait aisément prêtée à un traitement encore plus opaque d’un point de vue littéraire et poétique. Nul besoin donc d’avoir lu Proust pour apprécier pleinement Bonsaï, ni d’avoir une marque de bronzage involontaire sur le torse en hommage à l’auteur. Nul besoin non plus de savoir prendre soin de ces arbres miniatures, dont la délicatesse un peu vaine reflète en fin de compte très bien l’essence de ce film intriguant, quoique pas tout à fait enthousiasmant.
Comme le dit si bien la suite du monologue d’introduction, tout ce qui se passe entre ce point de départ lourd de prémonitions et sa conclusion courue d’avance relève de la fiction. L’alternance sous forme de chapitres entre les deux époques marquantes dans la vie de Julio ne prend en effet pas la réalité tristounette et banale comme repère, mais plutôt un état d’esprit caustique, qui confère un côté décalé à l’existence de cet homme ridicule. L’imposture du roman n’est que la pointe de l’iceberg de la philosophie de vie d’un individu, qui fait semblant sans méchanceté, mais qui n’arrive pas à se faire comprendre pour autant. Son périple s’apparente ainsi à une suite d’occasions manquées, qui n’ont pas forcément permis à Julio de s’assagir, mais qui servent de fondement à une série plutôt jubilatoire de situations incongrues.
Enfin, la mise en scène sait rester assez concrète dans son approche d’une intrigue, qui se serait aisément prêtée à un traitement encore plus opaque d’un point de vue littéraire et poétique. Nul besoin donc d’avoir lu Proust pour apprécier pleinement Bonsaï, ni d’avoir une marque de bronzage involontaire sur le torse en hommage à l’auteur. Nul besoin non plus de savoir prendre soin de ces arbres miniatures, dont la délicatesse un peu vaine reflète en fin de compte très bien l’essence de ce film intriguant, quoique pas tout à fait enthousiasmant.
Vu le 2 novembre 2011, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10